Brulhatour

Qui croyez-vous qui tire vers le haut les audiences du secteur du podcast ? C’est la radio ! Alors oui, il y a bien quelques belles envolées pour quelques podcasts natifs mais rappelons ici que la majorité des podcasts dits "populaires" le sont grâce à la radio parce que ce sont ce que l’on appelle des replays, autrement dit, des émissions initialement diffusées à la radio.


Le podcast peut dire merci à la radio !

D’abord, il faut comprendre cet engouement pour le podcast replay et ne pas s’arrêter seulement aux bons chiffres. Le podcast replay connaît une santé de fer pas seulement parce qu’il est produit par des professionnels de la radio mais parce qu’il répond à de profonds bouleversements comportementaux : les changements d’usages. Et, je peux même vous poser un p’tit billet que cette courbe demeurera ascendante encore très longtemps. Oui, le podcast replay connaîtra demain ses plus belles heures parce que les modes de consommation changent et évoluent comme jamais. L’auditeur recherche du contenu personnalisé et surtout revendique sa liberté : celle de pouvoir écouter quand il en a envie et ou qu’il soit, le contenu sonore qu’il a choisi.
Si j’osais, je vous dirais même que la radio en direct a du souci à se faire parce que l’auditeur n’est plus aussi malléable qu’auparavant. Désormais, il peut choisir. Il en profite. Et devant lui, se dessine une offre gigantesque pour ne pas dire "prototypesque".
 
Le mariage de la carpe et du lapin ?
 
D’aucuns disent qu’il est nécessaire de cloisonner l’offre issue des radios et celle issue des podcasteurs. Épaissir l’étanchéité entre les deux. Je partage avec vous mon avis : le replay a autant besoin du natif que le natif a besoin du replay. Vouloir séparer les deux, c’est vouloir tuer le marché. Je m’explique : la radio a tout intérêt à se tourner vers le podcast natif pour aller y débusquer des podcasteurs capables de créer des nouveaux contenus pour la radio. Comme les podcasteurs du secteur natif ont tout intérêt à s’accrocher au secteur du replay pour bénéficier de sa puissance.
Et puis, les radios l’ont bien compris. Nombreuses sont celles qui désormais pensent d’abord "podcast" avant de penser "programme" strictement réservé au territoire radiophonique. Mieux encore, la radio imagine dorénavant une émission classique comme un podcast afin que le contenu sonore soit facilement adaptable, dans un sens comme dans un autre, sur l’ensemble des supports. Davantage commercialisable aussi…

Le podcast natif est aussi l’avenir de la radio
 
Disons-le, Radio France a pris une belle avance sur ses concurrentes. Pas une seule semaine sans que l’entreprise publique ne propose un nouveau podcast natif à ses auditeurs. Radio France a considérablement musclé son offre de podcasts. Pas seulement les podcasts replays mais aussi et surtout les podcasts natifs. L’entreprise fait de gros efforts pour accompagner la croissance du secteur.
Tellement d’efforts qu’elle vient de lancer Pod’Casting, un casting géant de podcasteurs (les candidatures sont ouvertes jusqu’au 10 février 2023). Ce casting national part donc à la recherche propose d’amateurs de podcast qui devront présenter leur idée ou leur concept à des professionnels. Notons que dans cette stratégie, Radio France imite ou est aussi imitée par Radio-Canada ou encore par la RTBF. Je ne parlerai pas ici des (très) nombreuses initiatives engagées, outre-Manche, par la BBC.
 
Du donnant-donnant
 
Il n’est pas question de savoir si les podcasts produits par les radios sont meilleurs ou pas que les podcasts produits par des studios indépendants. Soyez certains que la radio française ne pourra certainement pas répondre à toutes les sollicitudes des auditeurs en matière de création sonore parce que ce n’est pas forcément son cœur de métier. Mais soyez certains que la radio participera, à sa manière, à la structuration du marché. Elle a tout à y gagner pour aller chercher une autre audience qui n’écoute pas, ou moins ou plus du tout, la radio. Enfin, soyez aussi certains que les podcasteurs du natif auront tout intérêt à se tourner les radios pour élargir leurs audiences et bénéficier de capacités de production qu’ils n’ont pas. C’est ce que l’on appelle du donnant-donnant.
Pour terminer, ne tombons pas dans un militantisme bête et méchant, ou alors faites-le de façon intelligente. Pas à la manière des radios libres dans les années 80 qui se sont isolées, volontairement, en ne voulant pas s’inspirer des réussites des autres radios, celles qui sont parvenues à s’émanciper rapidement, à se développer et à s'inscrire dans la durée. Les podcateurs du secteur natif auront donc tout intérêt à aller vers la radio et, en particulier, vers les radios publiques ou, dans le cas que j’évoquai, vers les radios associatives.

Pour vous abonner à Podcast Magazine, c'est . Et que cela ne vous empêche pas de vous abonner, aussi, à La Lettre Pro de la Radio, !

Rédigé par Brulhatour le Mercredi 18 Janvier 2023 à 14:52 | Commentaires (0)

C’est toujours intéressant d’observer ce qu’il se passe dans la tête des Français. Parce que, parmi ces Français, il y a aussi beaucoup d’auditeurs : près de 40 millions au dernier pointage de Médiamétrie. Si vous parvenez à connaître leurs besoins, leurs envies, leurs attentes, leurs doutes et leurs craintes, vous faites une quinte flush royale. Les radios devraient davantage s’intéresser aux joies et aux tourments des Français. Elles ont tout à y gagner.


Illustration © Paris Radio Show 2022 - Linda Viksna
Illustration © Paris Radio Show 2022 - Linda Viksna

Il y a un signe qui ne trompe pas en ce début d’année 2023. Les Français sont moins nombreux à prendre de bonnes résolutions : 86% en 2023 contre 91% en 2019. Des Français, de plus en plus, pessimistes : 41% voient cette nouvelle année pire que celle passée. Des Français qui entament l’année 2023 avec moins de niaque, moins de combativité et moins de motivation : 85% avaient échoué dans la réussite de leurs bonnes résolutions en 2019… Ils sont 87% à le penser en 2023.
Vous voulez savoir ce que veulent les Français ? Oui ? Très bien ! Vous pourrez vous en inspirer pour créer ou ajuster vos programmes et, plus encore, pour leur offrir ce qu’ils désirent.
Contrairement aux idées reçues, assister au concert de Kendji Girac, gagner 1 500 euros, avoir son loyer payé, gagner son poids en Nutella ou gagner une semaine de vacances (le cadeau empoisonné par excellence surtout par les temps qui courent) ne font pas partie des résolutions des Français. Il semblerait qu’ils ne veulent rien de tout ça. Pourtant, c’est ce que les radios leur offrent. C’est curieux non ? Une vraie dichotomie qui ne semble déranger personne. Soit !
 
Mieux vivre et vivre mieux
 
Alors, dans le classement des 5 premières résolutions pour 2023 : 55% des Français veulent être moins stressés et plus heureux, 49% passer plus de temps avec des êtres chers, 41% prévoient plus d’activités physiques, 39% veulent une nourriture plus saine et 37% ont décidé de changer ou de faire évoluer leur carrière professionnelle.
Maintenant, il s’agirait dans l’absolu d’adapter ses programmes et surtout ses dotations aux désidératas des Français en répondant à ces questions : comment faire pour que l’auditeur se sente heureux ? Comment faire pour que l’auditeur passe plus de temps en famille ? Comment faire pour que l’auditeur soit plus sportif ? Comment faire pour que l’auditeur échappe à un infarctus ou à un AVC ? Comment faire pour accompagner l’auditeur dans sa vie professionnelle ?
 
La radio doit ouvrir le champ des possibles
 
Soyons sérieux… Les places de concerts, les chèques de 1 500 euros, les loyers payés, les week-ends chez Mickey et les pots de Nutella renvoient désormais à "la radio à papa". C’est vieux. Ça tourne en rond. Ça sent l’antimite.
Les auditeurs attendent avec impatience la radio qui prendra la décision de leur offrir un vélo elliptique, un rameur d'appartement, un tapis de course… Ils attendent avec impatience celle qui aura le culot de leur offrir un an de légumes et de produits bio. Ils attendent celle qui aura le toupet de leur offrir un accompagnement pour une reconversion professionnelle. Et soyons fous ! La radio qui leur offrira une formation pour réapprendre à cuisiner, celle qui leur offrira leur poids en livres à défaut de leur offrir une console de jeu dont la seule finalité est de faire du gras sur le canapé. L’auditeur attend la plus-value. Il recherche de la valeur ajoutée. Il a, à l’heure qu’il est, abandonné l’idée du cadeau jetable et bon marché. Il guette l’offre qui s’inscrit dans la durée, qui lui sera utile, pas celle qui se consomme et se consume le temps d’une soirée ou d’un week-end.
 
Varier les plaisirs
 
C’est curieux comme la radio ne fait pas d’efforts pour varier les plaisirs. S’en est presque suspect. Je suis donc allé vérifier : on peut gagner un téléviseur, des places de ciné, un séjour au ski, une Apple Watch, du cash (de l’oseille quoi), des places pour assister à un match de foot, une galette des rois… C’est sexy non ? On continue : on peut gagner des bons pour parier sur des services en ligne (l’autre cadeau empoisonné), des smartphones, des albums CD (qui a encore un lecteur chez soit ?) et même un vélo ! Ah merde… Pas de bol, il est électrique… C’est donc un vélo pour faire du gras.
J’observe que les gens sont devenus davantage casaniers depuis le début du Covid. Ils sont claquemurés chez eux. Pour autant, ils ne se sont jamais autant interrogés sur leur futur. Ils le veulent meilleur. Cette période aura été le détonateur d’une prise de conscience collective et d’une volonté de rééquilibrer son temps personnel.
 
Pourquoi les radios n’offrent-elles pas :
 
Son poids en livres à un étudiant
Un instrument de musique pour un élève d’un conservatoire
Le permis de conduire pour un jeune conducteur
Une formation pour apprendre et se perfectionner
Un équipement sportif complet pour la saison
Une maison autonome
Une bonne literie
Une année sabbatique
Les services d’une baby-sitter pour soulager les parents
Les frais d’inscription et de scolarité d’un étudiant à l’étranger
Des heures gratuites avec un professeur particulier à un élève
Les conseils d’un coach à domicile
Les services d’une coiffeuse ou d’une esthéticienne à domicile
La prise en charge des abonnements numériques pour un jeune durant son année scolaire
Des cours de cuisine, de bricolage, de peinture, de musique, de bien-être…
Son poids en nourriture saine
Un terrain pour y faire son jardin et y construire son havre de paix
Une installation pour être autonome en énergie
Des abonnements à des magazines pour s’enrichir culturellement…
 
De l’utile plus que de l’agréable
 
Revenons à nos résolutions. En 2019, 85% des Français avouaient qu’ils ne parvenaient absolument pas à atteindre leurs objectifs de bonnes résolutions. En 2029, ils sont plus de 87% dans ce cas. Afin de concrétiser leurs souhaits, plus de 54% des Français seraient ravis d’obtenir une aide ou bien un accompagnement. Une volonté qui s’exprimait déjà il y a 4 ans avec 57% de représentativité. Plus qu’un filet garni ou la bourriche si vous avez bien estimé le poids du jambon, les auditeurs veulent être accompagnés, soutenus et aidés.
En 2019, 37% des Français étaient très pessimistes… Ils sont encore plus nombreux à l’être en 2023 avec 41% de personnes qui voient une année à venir pire que celle passée.
Alors, donnez-leur de l’espoir ! Donnez-leur de l’intelligence ! Donnez-leur du bon sens ! Donnez-leur de la liberté ! Et plus que tout, donnez-leur du temps ! Offrez-leur des dotations qui impacteront positivement leur futur proche. C’est également ce que vous voulez pour votre vie personnelle et pour celle de vos proches ? C’est donc aussi naturellement ce que veulent vos auditeurs !
 
 
* Tous les chiffres cités dans ce billet sont issus de l’enquête QAPA, solution digitale Adecco. Enquête réalisée auprès de 2 416 personnes entre le 26 et 30 décembre 2022.
** J’avais déjà rédigé un billet sur les résolutions (pas vraiment sous cet angle mais c’est toujours bon à prendre). Vous pourrez le lire ICI.
 

Rédigé par Brulhatour le Dimanche 8 Janvier 2023 à 07:43 | Commentaires (1)

La première demande qui peut être faite en direction des auditeurs, c’est celle de vous écouter. Et, ce n’est pas la plus facile à réaliser. Mais une fois cette étape passée, on peut aller un peu plus loin dans sa démarche en réclamant aux auditeurs de réagir, de proposer ou de vous soutenir financièrement. On va explorer quelques pistes intéressantes et, pour ce premier billet de l’année 2023 dans cette Room sur ClubHouse, on va demander à ChatGPT de répondre à cette question : "comment solliciter les auditeurs ?".


Comment solliciter les auditeurs

Ce n’est pas par fainéantise que je me suis tourné vers ChatGPT mais par curiosité. ChatGPT est un outil conversationnel qui est motorisé par une intelligence artificielle. Et, avec un brin de curiosité, j’ai donc voulu savoir si ChatGPT fournirait la même réponse que celle que j’aurai donnée si l’on m’avait demandé: "comment solliciter les auditeurs ?". Alors effectivement, cet outil vous répond mais pour être très franc vous donne une réponse d'homme politique. Quand il termine sa réponse, on a quelques difficultés à se souvenir de la question posée.
Alors que nous dit ChatGPT lorsque qu'on lui demande "comment solliciter les auditeurs ?". "Répondre aux questions posées, partager leurs opinions et leurs expériences ou encore réagir aux débats et participer aux activités". Voilà ce qu’il faut faire pour solliciter ses auditeurs. On pourrait se dire, ce sont là, quatre bonnes pistes. Seulement, ChatGPT ne dit pas précisément les actions à concrétiser pour répondre aux questions posées, partager les opinions et les expériences et réagir aux débats et participer aux activités.

Comment solliciter les auditeurs

Ne pas confondre adhésion et abonnement
 
Plus intéressant encore, j’ai demandé à ChatGPT de m’indiquer comment transformer une adhésion en abonnement. Ça, c’est très important. Vos auditeurs peuvent adhérer à votre ligne éditoriale (c’est-à-dire être d’accord avec ce que vous dites ou, plus largement, être sensibles à vos contenus) mais il y a une marche supplémentaire à franchir : c’est celle de la concrétisation vers un soutien plus musclé : l’abonnement. Comment convaincre un auditeur pour qu’il s’abonne à votre podcast, vous suive sur les réseaux sociaux ou verse chaque année son obole ? Vous devez comprendre la différence entre adhésion et abonnement parce qu’elle est fondamentale. Pour la petite anecdote, j’ai dans cette interrogation, volontairement commis une faute en oubliant la lettre "h" à adhésion. Cela n’a pour autant pas empêcher ChatGPT de répondre à cette question : "Comment transformer une adhésion en un abonnement ?".  Là encore, l’outil donne de bonnes pistes comme offrir des avantages, des informations supplémentaires ou encore créer un espace de partage pour que vos auditeurs interagissent entre eux. Mais, encore une fois, pas d’actions très précises.
Comment solliciter les auditeurs

Cinq actions (personnelles) pour solliciter l’auditeur
 
1 - Être intéressant : c’est-à-dire ne jamais être ennuyeux
2 - Parler le même langage que celui des membres de votre communauté
3 - Maîtriser le sujet que vous déclinez en podcast pour maintenir un gage de crédibilité
4 - Tenir sa promesse : il faut 3 secondes pour perdre un auditeur et 3 ans pour regagner sa confiance
5 - Être à côté de ses auditeurs : c’est ce que l’on appelle la proximité.
 

Un peu de brosse à reluire
 
Pour la route, deux dernières questions posées à cette intelligence artificielle : "Quelles sont les différences entre un auditeur de podcast et un auditeur de la radio ?". Pour cette interrogation, ChatGPT met en avant 4 différences fondamentales entre le podcast et la radio : la flexibilité, le contenu, l’engagement et l’interactivité. Alors oui, c’est pas si mal comme réponse mais ça reste encore assez vague.
Dernière question posée à ChatGPT : "Connais-tu Podcast Magazine ?". Réponse de l’intelligence artificielle : "Oui, je connais Podcast Magazine. C'est une publication en ligne qui est consacrée aux podcasts et à la production audio numérique. Elle offre une variété d'informations et de ressources sur la façon de créer, promouvoir et gérer des podcasts. Podcast Magazine est une excellente source d'informations pour les fans et les créateurs de podcasts". Cette fois-ci, je pense qu’on peut lui faire entièrement confiance !
Le mot de la fin. C’est une phrase de Stephen Hawking : "Le développement d’une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à l’humanité (…) Une fois que les hommes auraient développé l’intelligence artificielle, celle-ci décollerait seule, et se redéfinirait de plus en plus (…) Les humains, limités par une lente évolution biologique, ne pourraient pas rivaliser et seraient dépassés".
Le monde qui arrive s’annonce aussi réjouissant que terrifiant…

Pour tester ChatGPT, c'est ICI.
Pour vous abonner à Podcast Magazine, c'est .
Comment solliciter les auditeurs


Rédigé par Brulhatour le Mercredi 4 Janvier 2023 à 12:37 | Commentaires (0)

2022 aura été, une nouvelle fois et globalement, une bonne année pour le podcast français avec des audiences toujours en hausse. Ce qui caractérise ce marché, ce sont des progressions mensuelles mises en avant par l’ACPM et par Médiamétrie. Des hausses qui sont, plus moins lentes, mais surtout régulières et progressives. C’est un signe de bonne santé. Même si, le chemin est encore long et sinueux pour que le marché se structure et se stabilise.


2022 : année du podcast

Du côté de l’ACPM, on peut d’ores et déjà s’attendre à un bilan positif des douze derniers mois écoulés avec, selon mes calculs et des chiffres encore non définitifs près de 300 millions de téléchargements et d’écoutes, uniquement sur les podcasts natifs certifiés par l’ACPM. Cela veut dire que n'est pas ici comptabilisée la très grande majorité des podcasts qui auront été produits cette année en France. En novembre dernier, l’eStat Podcast de Médiamétrie indiquait que plus de 190 millions de podcasts avaient été téléchargés et écoutés pour le seul mois de novembre. Un résultat, pour schématiser, à multiplier par 11 mois. Ici, grosso modo et à gros traits, on dépassera le milliard rien qu’en 2022. Chez Médiamétrie, on comptabilise surtout le replay. Et donc lui qui tire les chiffres vers le haut.
 
Cela veut dire quoi ? Cela dire que sans la radio, le podcast n’existe pas. Ou pas tout à fait encore aux yeux du grand public. C’est un des enseignements de cette année. Et probablement, cela devrait être aussi et toujours demeuré un des enseignements pour 2023. On peut aisément imaginer qu’en 2023, le replay radio continuera encore à porter l’ensemble du marché. Je me permets de le répéter, même si ça pique un peu mais aux yeux du grand public, le podcast ressemble toujours à un endroit assez nébuleux et à un espace encore non défriché. Il suffit de demander autour de vous qui a écouté, qui écoute ou qui écoutera des podcasts pour s’apercevoir que le podcast est très loin d’être un sujet de curiosité. C’est comme ça. Il faut prendre son mal en patience. Et, il faudra probablement le prendre encore longtemps.
 
Il ne faut pas trop s’inspirer de ce qu’il se passe ailleurs. Et notamment de ce qu’il se passe aux Etats-Unis avec ces quelque 330 millions d’auditeurs potentiels. Le marché est beaucoup plus structuré et le potentiel et sans commune mesure avec le nôtre. Et, si on ajoute les autres marchés anglophones, on dépasse allègrement le milliard. Et puis, en Europe, et en particulier en France, les comportements d'écoute sont aussi bien différents. Donc, il ne faut pas s’emballer même si, on peut demeurer attentif aux évolutions internationales qui donnent souvent le pouls du marché.
 
2023 devrait être une année durant laquelle les studios prendront des décisions. Gageons que certaines seront radicales. Parce que si le podcast natif peut difficilement vivre aujourd’hui, c’est aussi et surtout parce que les studios signent des podcasts de marques (financés par partenaires). Ce sont ces podcasts de marques qui permettent aux studios de produire des podcasts natifs et pas l’inverse. J’y vois là une preuve supplémentaire que le marché n’est absolument pas consolidé. À l’heure actuelle, peu de studios vivent grâce à leurs podcasts natifs. 2022 aura confirmé une règle mathématique implacable : vous devez générer beaucoup d’audience pour peu de chiffres d’affaires.
En 2023, espérons aussi que des personnalités du monde du sport, de la culture, de la politique ou encore des personnalités du monde du spectacle se lancent dans le podcast. Car grâce à leur célébrité, à leur renommée et à leur notoriété que le podcast bénéficiera d'une mise en lumière et se démocratisera que plus rapidement...
 
Y a-t-il néanmoins, dans ce nouveau monde du podcast, des provinces plus vertes ? Oui, celle de la proximité qui, selon moi, devrait en 2023 connaître quelques montées en charge. Mais, outre le fait de savoir quel secteur sera ou non plus porteur que les autres, il faut aussi comprendre que dans les 10 prochaines années, les usages vont encore profondément évoluer. Dans 10 ans, il est plus que possible que ces usages soient encore plus multiples et plus personnalisés. Voilà deux nouvelles difficultés auxquelles il faudra faire face : mieux appréhender le comportement de l’auditeur.

Rédigé par Brulhatour le Mercredi 21 Décembre 2022 à 13:27 | Commentaires (0)

1 2 3 4 5 » ... 61