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Rédigé par Brulhatour le Jeudi 14 Octobre 2021 à 16:10 | Commentaires (0)

Que reste-t-il à faire pour développer le monde du podcast ? C’est le sujet central de cette nouvelle Room. Alors, c’est assez dangereux de poser la question. Parce que le travail est titanesque. Ce qu’il reste à faire, c’est un peu les Douze travaux d’Hercule. Je vais me limiter à 7. À chaque jour suffit sa peine…


Podcast : que reste-t-il à faire ?

#1 Encourager la création d’une plateforme francophone souveraine
Apple Podcasts et Google Podcasts c’est bien mais, avouons qu’une plateforme 100% francophone ou mieux 100% française, ce serait encore mieux. Mieux car il s’agit indirectement de promouvoir la langue française, d’encourager les podcasteurs francophones, de soutenir la création française et d’accompagner, celles et ceux qui en France pensent et élaborent des projets autour de l’Audio Digital. Quoi que l’on dise, il y a de fortes chances pour que l’Audio Digital prenne demain une place. De plus en plus importante, autrement dit, occupe une position stratégique. Les acteurs, du plus petit au plus grand, ont tout intérêt à tirer dans le même sens. Rêvons à une Agence nationale de l’Audio Digital qui serait tout, sauf un comité Théodule. Il aurait comme objectif de déceler les talents et de les accompagner. Rêvons encore en imaginant une agence qui produirait des podcasts français en langue anglaise pour gratter des parts de marché à l’international.
 
#2 Incarner les podcasts avec des artistes populaires et des personnalités
On le dit et on le répète souvent : la dynamique du monde du podcast dépend, certes de la qualité des contenus proposés, mais aussi et surtout de celles et ceux qui la porte. Forcément, plus les podcasts seront incarnés par des personnalités du monde du spectacle ou du monde médiatique, plus le grand public en aura connaissance. D’abord, il pourra enfin donner une définition au mot podcast et, probablement, devenir des fans de séries portés par des animateurs, des chanteurs, des acteurs, des politiques… Bref, des personnalités publiques. C’est la raison pour laquelle les producteurs de podcasts ont tout intérêt à aller draguer ces personnalités pour les convaincre à incarner un podcast.
 
#3 Pousser à une plus rapide appropriation du format par les médias et les acteurs culturels
Le développement du podcast passera aussi par l’appropriation de ce format par les médias (et pas seulement les médias radiophoniques… Car la télévision, la PQR ou la presse régionale ont devant elles un formidable terrain de jeu. Cette appropriation devra aussi devenir une réalité pour les organismes publics, les structures privées, les associations, les PME, les ministères… On peut (encore et toujours) rêver mais l’avenir du podcast doit être similaire aux conséquences de l’avènement de l’Internet dans nos sociétés modernes. Hier chaque entité physique ou morale s’est dotée d’un site internet. Et bien, demain, chaque entité physique ou morale devra, en plus se doter d’un ou plusieurs podcasts.
 
#4 Ouvrir l’éditorial à des sujets accessibles et concernants
Comme pour un article ou un reportage, le podcast doit rester accessible et concernant. J’aurai envie d’ajouter populaire. Populaire, ce n’est pas un gros mot. Cela veut dire que le podcast doit être écouté par des auditeurs qui habitent au-delà du péage de Saint-Arnoult-en-Yvelyne. Au-delà, des colonnes d’Hercule imposées par cette musique médiatique parisienne qui croit que l’auditeur de podcast ne peut être qu’un individu de moins de 30 ans, habitant Paris, exerçant un poste de cadre, roulant à vélo et mangeant du tofu. N’oubliez pas que l’auditeur a toujours les cartes en main. C’est lui qui décide. C’est lui qui fait de votre podcast un succès ou un échec et pas forcément l’auditeur parisien…
 
#5 Accélérer le déploiement du podcast de proximité
Il y a un vrai marché du podcast de proximité. La proximité dans le podcast, ce n’est pas compliqué pour l’expliquer. Ce sont des gens qui parlent à d’autres gens avec le même vocabulaire. Ils ne sont pas forcément d’accord sur tout, mais, ils se comprennent, et ça, c’est le principal. Combien d’auditeurs ne comprennent pas ce qu’ils entendent à la radio ou en écoutant un podcast ? La proximité, c’est aller ver un terrain inexploré. Tout est là-bas à défricher, à labourer, à semer et à récolter.
 
#6 Améliorer les algorithmes de recherche des podcasts
Répétons-le une énième fois : trouver un bon podcast à écouter demeure aujourd’hui encore très difficile. Pas dans le modus operandi mais dans l’opération algorithmique de la plateforme qui va fournir des résultats souvent décevants. La meilleure technique de découvrabilité, c’est le bouche-à-oreille. C’est loyal mais pas suffisant. Quand demain, en, deux clics, vous trouverez le ou les podcasts de vos rêves qui répondent à vos envies et à vos attentes, l’entreprise qui produira cette intelligence artificielle aura toute ma gratitude.
 
#7 Encourager les annonceurs à s’approprier le podcast
Connaissant les loulous, je peux vous assurer qu’ils vont être de plus en plus nombreux à s’intéresser ce nouveau format. Pourquoi ? Parce que l’annonceur est, génétiquement, très opportuniste. C’est d’ailleurs une de ses faiblesses. Quand on est trop opportuniste, on est trop prévisible. Dans ce cas précis, c’est tant mieux pour les podcasteurs. Car en plus de produire un podcast, en tirer une rémunération régulière, c’est quand même l’Alpha et l’Oméga du monde du podcast de demain. Plus les investissements seront élevés, plus, à l’autre bout de la chaine, la qualité résonnera dans les oreilles de l’auditeur.
 

Rédigé par Brulhatour le Mercredi 13 Octobre 2021 à 13:29 | Commentaires (0)

Le nouveau et 136e numéro de La Lettre Pro de la Radio est accessible. À la Une, la journaliste Wendy Bouchard nouvellement arrivée à France Bleu. Dans ce numéro, coup de projecteur sur le déploiement du DAB+ métropolitain. Direction également la côte landaise pour fêter les 40 ans de FGL.Un panorama complet de l'actualité de la radio et de l'audio digital !


Comme en 1981. Ou presque…

Ce mois d’octobre, qui est généralement celui de la pluie et du vent, devrait être aussi celui d’un nouvel horizon ensoleillé pour la radio métropolitaine avec le lancement du DAB+ national, ce 12 octobre. Alors que beaucoup d’auditeurs, encouragés par quelques Cassandre du secteur, se plaignent d’un relatif immobilisme de la radio, cette dernière prouve, du haut de ses 100 ans, qu’elle sait toujours évoluer. Oui, le DAB+ est une des armes pour se défendre des GAFAM. On ne reviendra pas ici sur ces nombreux avantages et qualités face à une FM moribonde, essorée jusqu’à la dernière goutte.

Pour autant, l’inquiétude domine encore chez nos voisins du plat pays, pourtant très avancé sur le déploiement du DAB+, et où les radios indépendantes exigent un soutien financier franc et massif pour effectuer, dans de bonnes conditions, cette transition numérique. Inquiétude légitime, qu’ici en France, il ne faudrait pas mettre sous le boisseau. Mais il faut toujours faire le bonheur des auditeurs malgré eux. Rien ne saurait ralentir le déploiement métropolitain, même si la période ne s’y prête pas forcément, notamment pour les radios de catégorie A qui courbent l’échine, depuis plusieurs mois.

Ce 12 octobre donc, sur l’axe Paris-Lyon-Marseille en passant par Auxerre, Beaune, Dijon, Chalon-sur-Saône, Mâcon, Valence ou Orange, l’auditeur aura accès à 25 radios nationales (19 radios privées et 6 publiques). Une offre enrichie par l’arrivée de nouveaux programmes propulsés par AirZen, BFM Radio et Skyrock Klassiks. Le CSA a même pris de l’avance sur son calendrier : "Le 12 octobre, 465 radios émettront effectivement sur le DAB+ pour une couverture d’environ 40% de la population française, alors que nous avions pensé terminer l’année à 30%. Nous pensions être à 40% en 2023 et nous serons à 50% en 2022", rappelle Hervé Godechot, dans ce nouveau numéro.

Un vent de 1981 souffle en France. Espérons qu’il maintienne cette direction le plus longtemps possible en poussant ceux qui croient encore à la radio.

Téléchargez ce 136e numéro ICI.

Rédigé par Brulhatour le Vendredi 8 Octobre 2021 à 18:19 | Commentaires (0)

Un nouveau "Billet acidulé" dans cette nouvelle Room sur ClubHouse proposée par l'équipe du magazine LePOD. Aujourd'hui, mercredi, on m'a demandé de vous parler de la technique de l'interview. Un sujet qui mériterait un livre entier à lui seul ! Comme le disait François Rabelais, je vais tenter d'en tirer la "substantifique moelle" !


Mener une interview

Je vais utiliser une parabole pour illustrer mon propos. L’interview, c’est toujours un coup en 3 bandes, comme au billard. En 3 bandes parce qu’il ne faut jamais l’oublier, l’interview est l’affaire de 3 personnes : celui qui pose les questions, celui qui répond aux questions et… celui qui écoute la discussion. D’ailleurs, l’interview réussi, c’est celui qui réunit ces 3 conditions. Si l’une de ces 3 conditions n’est pas respectée, l’interview ne fonctionne pas. Autrement dit, lorsque vous posez des questions, vous devez prioritairement écouter les réponses que l’on vous donne mais aussi et surtout vous mettre dans la peau de l’auditeur, afin de donner ou pas, de nouvelles impulsions et de nouvelles orientations que vous n’aviez peut-être pas prévues. Certes, on ne doute pas que vos questions soient intéressantes… Mais pour qu’un interview soit réussi, il faut aussi que les réponses le soient également et que les échanges ne soient jamais ennuyeux.

D’ailleurs, dans l’interview, il y a une règle que vous ne maîtrisez pas : ce sont les réponses. C’est pourquoi, dans la presse, on parle souvent de "bon client" lorsqu’il s’agit de trouver un interlocuteur. Un "bon client", c’est l’assurance d’un bon interview. Parce  que ce "bon client" sait aligner les mots les uns derrière les autres, parce qu’il maîtrise son sujet, parce qu’il possède un vocabulaire (c’est rare) qui traduit facilement sa pensée, parce que sa voix engage l’écoute… Il y a de nombreuses raisons qui font le "bon client".

Donc, j’aurais tendance à vous conseiller, pour réussir votre interview, de trouver un "bon client". Un "bon client", c’est 60% de chances supplémentaires de réussir son interview. Cela veut dire, et vous le savez déjà, que l’interview doit être préparé, bien en amont de sa réalisation. C’est la règle. Ne croyez pas ceux qui vous disent qu’il vaut mieux ne rien préparer avant de poser vos questions. Ce sont soit des fainéants, soit des journalistes qui font preuve d’orgueil, de suffisance et de fatuité. Ces 3 défauts réunis donnent souvent naissance à des interviews "bon marché" et à la complaisance. Ça, c’est autre débat…
Je vais quand même vous donner ma définition du "bon client" : c’est une personne qui possède un vocabulaire qui matérialise sa réponse avec beaucoup de paraboles, des métaphores, des citations… qui facilitent la compréhension de l’auditeur. C’est une personne qui a, parfois, une certaine gouille et dont le message est tout sauf institutionnel. Une personne qui vous apprend quelque chose de nouveau.

Donc, première étape, trouvez le "bon client". Cela nécessite du temps, de la curiosité… j’allais dire d’un peu d’investigation dans le milieu que vous souhaitez découvrir. Informez-vous, creusez le sujet, questionnez autour de vous et infiltrez donc le milieu que vous traitez.
Deuxième étape, fouillez le sujet pour en rédiger les questions. Votre interlocuteur verra que vous vous intéressez à ce sujet, et ça le mettra en confiance. Dans la démarche d’interview,  il n’y a rien de pire qu’un interlocuteur stressé, pas à l’aise, pas correctement conditionné. Vous n’en tirerez rien, ou pas grand chose, et c’est là, à partir de ce moment, que l’interview deviendra ennuyeux.
Troisième étape, concentrez-vous sur ce qu’il vous dit et pas sur la prochaine question que vous avez notée. Dans le podcast, l’interview est généralement enregistré. Donc pas de panique. Au contraire, relancez-le souvent en attrapant au vol une information intéressante. On dit : "rebondir". Donc, rebondissez. Ceux qui sont interrogés donnent souvent des indices ou des pistes dans leur réponse. N’hésitez donc pas à vous en saisir et donc à "rebondir".

On pourrait parler pendant des heures des coulisses et des règles de l’interview. Il y aurait tant à dire… Mais, comme vous, derrière le micro, on doit "faire court". C’est d’ailleurs un mal de nos sociétés modernes : "le faire court".

Bon, derniers conseils pour la route. Vous avez remarqué ou vous remarquerez j’espère que l’interview c’est aussi un formidable exercice pour pointer les tics de langage. Il y en a des dizaines qui apparaissent au fil des discussions. Le traditionnel "euh" qui revient systématiquement. Le "alors" qui débute les questions ou le "quoi" qui referme les réponses ou le très agaçant "d’accord" du journaliste qui vient conclure la réponse de celui qu’il interroge.  

On n’a pas parlé du son. Le son d’un interview, c’est important autant que les questions puisqu’un bon son, c’est un confort d’écoute pour l’auditeur. L’enregistrement : on appuie deux fois sur le bouton. Une fois pour lancer l’enregistrement, une seconde fois pour l’arrêter. Laissez donc tourner l’enregistrement. Parfois, sans même poser de questions, on peut obtenir une bonne réponse sans rien n’avoir demandé, un son d’ambiance ou mille et une autres choses qui viendront muscler votre entretien. À vous de jouer !

Rédigé par Brulhatour le Mercredi 6 Octobre 2021 à 13:24 | Commentaires (0)

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