Et demain ?

Frontières

Jeudi 7 Septembre 2017


Plus encore que les radios et leur personnel, la démocratisation des technologies IP a bouleversé l'économie du broadcast. À l'ère des studios virtuels, les alliances entre opérateurs et constructeurs ne surprendront personne.


À chaque édition du Salon de la Radio, nous rencontrons des exposants qui font disparaître du matériel physique des studios pour le transformer en fonctionnalité virtuelle dans le cloud.

Cocorico

Observons Digigram, pionnier français des cartes d'encodage hardware, leader des technologies MPEG… Il n'y a presque plus un seul local technique en France sans l’une de leurs cartes AES au cul d'un diffuseur. Aujourd'hui pourtant, Digigram a mis le cap sur le cloud, et devient hébergeur de services, bailleurs de box multifonctions (gammes Blu, IQOYA). De son côté, Sound4 a diversifié son offre matérielle… Ses cartes informatiques changent peu à peu de périmètre pour devenir de véritables "ressources de traitement" disponibles sur le réseau (BigVoice, Pulse, Impact…). Les chaînes de traitement hors de prix qui saturaient nos locaux techniques il y a 10 ans sont aujourd'hui miniaturisées dans un tout petit équipement (format 1U), qui ne consomme plus rien et démarre en moins de
5 secondes.

En matière de radio, nous autres Français sommes fort heureusement bien lotis. Nous avons un savoir-faire historique, tant en matériel qu'en suites logicielles, et si nos Adeuxi, Dalet, Netia, Open Radio, RCS et WinMedia tiennent le cap face aux concurrents étrangers, c'est grâce à leur offre de proximité qui séduit les petites radios et rassure les grands groupes. L'accompagnement sur mesure a de beaux jours devant lui.

Un avenir à l'ombre du cloud

Ce que l'on croyait incompressible hier devient volatil à chaque nouveau cap franchi. Au printemps, La Lettre Pro de la Radio a assisté à une démonstration de SAOOTI, une puissante application web regroupant les fonctions d'automation, insert téléphonique, outil de planification, moteur statistique et cross-média… Il ne reste guère qu'un banc de montage et quelques fonctionnalités sur mesure pour entrer en concurrence avec les leaders de suites logicielles.

Ne nous voilons pas la face, l'exploitation de ces technologies ouvre inévitablement les portes - dangereuses - de la délocalisation. Si une cabine bien équipée en audio sur IP à l'autre bout du monde peut héberger les programmes en direct d'une "radio locale", les enjeux sortent du simple cadre technique, et des débats éthiques et réglementaires seront nécessaires au sein des équipes, pour cadrer les limites fonctionnelles dès la pose des premières pierres du projet.

Une deuxième révolution à venir

Voici deux démonstrations intéressantes qui posent des questions existentielles pour les constructeurs de consoles et les éditeurs d’automation.

Sur l’image de gauche, nous voyons une console vitalisée Axia (avec insert, codecs, traitement, etc.) avec intégration d’un conducteur antenne d’une automation.

L’image de droite présente un éditeur de voice track avec une console virtualisée (mixing, sélection d’un preset voix, commande d’insert…) agrégé dans une seule interface.


Florian Martin
Consultant IP & Broadcast, au service des radios et des fournisseurs. Facilitateur IP de La Lettre... En savoir plus sur cet auteur


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