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RadioTour : Christophe Mercier (Vosges FM) : "nous nous devons de diversifier nos ressources"

Rédigé par le Mercredi 23 Septembre 2020 à 12:25 | modifié le Jeudi 1 Octobre 2020 à 12:20



Radio associative qui a choisi la voie de la professionnalisation, Vosges FM développe 3 fréquences : 107.8 à Épinal, 99.7 à Remiremont et 96.3 à Bruyères. Celle qui se revendique comme "La radio des vosgiens" privilégie la proximité à chaque instant avec une recette concoctée par Christophe Mercier. Au RadioTour à Nancy, ce jeune professionnel a partagé, ce matin, quelques-uns de ses ingrédients et sa vison de la radio locale...


Franck Pelloux (K6FM) à gauche et Christophe Mercier (Vosges FM) à droite, ce matin au RadioTour à Nancy
Franck Pelloux (K6FM) à gauche et Christophe Mercier (Vosges FM) à droite, ce matin au RadioTour à Nancy


LLPR - Comment se positionne Vosges FM ?
CM -
Vosges FM est station associative qui consacre son programme à la mise en valeur des initiatives vosgiennes. Notre association édite aussi une application smartphone, un site internet, des webradios thématiques et des fils actus sur les réseaux sociaux. L'idée de la station, c'est de placer l'auditeur au cœur des préoccupations. C'est à dire, produire un programme basé sur la communication sociale de proximité, la défense des valeurs de citoyenneté, la couverture de l'actualité locale, la préservation du cadre de vie Vosgien et la culture Vosgienne. Tout cela, de façon à ce qu'un maximum d'auditeurs se branche sur Vosges FM.


LLPR – Quelle recette pour générer de l’audience avec seulement 3 fréquences ?
CM -
Ce que réalise actuellement Vosges FM est tout simplement unique en France. Présent depuis seulement 2 ans et demi sur sa troisième et principal fréquence (Épinal), Vosges FM réalise une audience cumulée de 3.6% alors qu'elle ne couvre en FM qu'un quart des secteurs de planification nécessaires pour desservir le département des Vosges. C'est dire la puissance de Vosges FM lorsqu'elle est présente en FM ! Pour aller encore plus loin, il faut que notre marque soit encore plus connue donc, il faut communiquer et être présents partout.

LLPR – Selon toi, quelles nouvelles ressources de diversification produisent les meilleurs résultats ?
CM -
Si l'on parle de nouvelles ressources financières, comme l'encourage le décret du FSER qui régit les stations associatives, nous nous devons de diversifier nos ressources. Ainsi, en plus des campagnes à l'antenne pour les collectivités, les associations, les marques privées dans le limite de 20%, nous proposons des produits digitaux, des encarts sur nos applis et sites web et dernièrement nous nous testons même sur des produits vidéos. Et ce n'est pas tout, nous produisons également des programmes à usage privés et revendons même certains de nos programmes spécifiques à d'autres stations. En tant que station associative, nous n'avons pas le choix, il faut se diversifier, comme le font beaucoup de nos consœurs vosgiennes qui éditent des magazines gratuits ou font des animations de foires et de mariages.
"nous nous devons de diversifier nos ressources"

LLPR – La crise sanitaire freine-t-elle les ambitions de Vosges FM ?
CM -
Aujourd'hui, en dehors du confinement, cette crise n'a pour le moment eu aucun impact ni sur la solidité de notre association, ni sur l'audience, ni sur le nombre de partenaires qui font confiance à Vosges FM. Cela viendra je pense début 2021. En matière de programmes, nous avons été la première station vosgienne à mettre en place des contenus spécifiques au confinement en étroite collaboration avec les acteurs de terrain et les auditeurs que nous côtoyons chaque jour. Et nous continuons d'expliquer aux Vosgiens cette situation inédite.
Ce qui freine actuellement les ambitions de Vosges FM c'est plutôt le déséquilibre flagrant qui existe entre le parc de fréquences attribuées à chaque opérateurs locaux. Comment expliquer la distribution de ressources FM à des opérateurs qui aujourd'hui ne séduisent aucun public pendant que Vosges FM réalise son 4e sondage consécutif à la hausse ? Avec nos 3 fréquences (alors qu'il en faut plus de 10 pour couvrir toutes les Vosges) nous réalisons une audience de 3.6% dans le département. C'est dire la puissance de Vosges FM lorsqu'elle est présente en FM. Je n'ai rien contre les autres opérateurs et c'est très bien pour la pluralité, mais je demande juste à ce que Vosges FM puisse pouvoir bénéficier de la même zone de couverture. Nous nous appelons Vosges FM, nous avons dû remporter deux contentieux au Conseil d’État en 6 ans de procédure pour émettre à Épinal et, à ce jour, notre radio s'appelle Vosges FM mais nous n'émettons pas sur le massif des Vosges... Les ambitions nous les avons, les soutiens au CSA à Paris beaucoup moins semble-t-il...

LLPR – Quelle est la stratégie de Vosges FM durant cette nouvelle saison ?
CM -
On ne change pas une équipe qui gagne. Nous avons recruté une nouvelle journaliste pour étoffer la rédaction et notre réactivité. Nous avons créé des nouveaux programmes mais une fois de plus c'est notre capacité à être proche des gens qui nous permettra de gagner des auditeurs et des partenaires. Donc, proximité, proximité, proximité...

LLPR – Tu diriges Radio Oxygène qui développe 6 fréquences en Seine-et-Marne. Envisages-tu des synergies avec Vosges FM ?
CM -
Mieux que l'envisager, c'est une réalité quotidienne ! Là encore, le décret qui régit le FSER encourage les échanges entre stations et c'est exactement ce que nous faisons. Nous le faisons tellement bien que le Ministère de la Culture nous le reproche parfois de le faire trop. Les stations ont des équipes distinctes, des rédactions distinctes, des programmes distincts. Je suis le dénominateur commun à ces deux stations. En revanche, la matériel, la diffusion, l'automation sont négociés ensemble. De même, pour les voix des animateurs, les programmes sont bien préparés sur chacune des radios, mais les "voix" peuvent être communes. Ce qui permet d'éviter de faire appel à du VT extérieur avec des gens qui ne connaissent pas le territoire. Idem pour toute la production des messages sonores et des jingles, la planification... Des synergies sont déjà en place.


Frédéric Brulhatour
Brulhatour est le rédacteur en chef du magazine La Lettre Pro de la Radio et le directeur associé... En savoir plus sur cet auteur

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