Brulhatour

Donnez de la voix !

Mercredi 20 Octobre 2021

À mi-voix ou à pleine voix, l’essentiel est de donner de la voix. À voix haute ou à voix basse, dans un podcast, on peut faire passer son message de vive voix. Et si vous allez encore plus loin, vos auditeurs pourront même en rester sans voix. Pour réussir, il faut être en voix et savoir poser sa voix. La voix, à la radio comme dans le podcast, c’est un sujet qui provoque toujours des voix dissonantes.



Trois choses à savoir…

Le timbre
C’est ce que dégage votre voix : son intensité, sa puissance. Une voix peut être chaude ou froide. Certaines voix sont naturellement chaudes ou sensuelles. Parfois métalliques. Les voix peuvent être aussi claires, rauques, éraillées, plates, atones… Des voix qui viennent d’en bas (celles qui ont du coffre) ou celles qui viennent d’en haut (les voix nasales ou nasillardes). Le timbre peut varier en fonction de la rapidité du débit et de la puissance de vos cordes vocales. La voix, c’est un outil ex-tra-or-di-naire. Tellement extraordinaire que les voix des enceintes connectées et des GPS ne lui arrivent pas à la cheville.

Le débit
Il répond à des modes. Dans les Années 90, on avait tendance à parler vite et beaucoup. Depuis une grosse dizaine d’années, on a tendance à insérer des virgules et des points à tout bout de champ. Conséquence : on a l’impression d’entendre parler les journalistes en morse. C’est moche parce que c’est une mode et que demain, ce sera encore plus moche, parce que ce ne sera plus une mode.

L’accent
Il faut revendiquer votre accent, ne pas le gommer et en être fier. Il faut s’en servir comme une marque de fabrique. Votre accent, c’est probablement ce qui caractérise le mieux votre voix, et plus encore, votre personnalité. Ce qui est surprenant, c’est que ceux qui vous diront d’effacer votre accent, ont aussi un accent mais ne s’en aperçoive pas. La richesse des voix, c’est qu’elles sont plurielles. Les réduire à une seule et même intonation, c’est vouloir effacer les particularismes locaux, les particularismes du Nord, du Sud, ceux de l’Ouest ou de l’Est.

Trois pistes à suivre…

Ne transformez pas votre voix
Transformer sa voix, c’est comme transformer sa voiture en lui ajoutant un volant en peau de mouton et une grande antenne. Généralement, ça cache quelque chose. Et ce quelque chose, c’est souvent une faiblesse ou un choix de copier ce qui est tendance. Et ce n’est pas en la mettant sous le tapis avec deux ou trois plugins ou en prenant des intonations à la mode que vous allez parvenir à séduire. Plus vous êtes naturel, mieux c’est. Autrement dit, n’en faites pas trop parce que l’auditeur le remarque très vite et que vous risquez de tomber dans la caricature ce qui décrédibiliserait votre contenu.

Demandez des conseils
Encore une fois, vous ne gagnerez pas la guerre tout seul. Il faut être accompagné par celles et ceux qui ont compris qu’ils ont une voix. Il y a ce que l’on appelle les voix-off, une catégorie qui regroupe mille et une voix différents, de la voix de répondeur téléphonique à la voix du spot publicitaire. Il y a les voix attitrées à des marques. Il y a des voix attirées à des comédiens. Dans ces deux dernières catégories, vous rencontrerez le plus souvent des gens qui passent leur temps sur les planches. Leur voix est intéressante parce qu’ils savent jouer à peu près et n’importe.

Ne vous désespérez pas
Si vous avez un accent à couper au couteau, ce n’est absolument pas grave. Généralement, ce n’est pas votre voix qui vous empêchera de porter tel ou tel projet mais votre compétence. Il y a de nombreux contre-exemples. Jean-Christophe Averty qui présentait sur France Inter Les Cinglés du Music-Hall avait bien plus qu’un cheveu sur la langue. Mais il avait un style, une façon de présenter les choses... Aujourd’hui, Jean-Michel Apathie parle avec un accent du Sud-Ouest. Cela ne l’empêche pas de raconter ce qu’il raconte même si vous n’êtes pas forcément d’accord avec lui.



Bonus
La question conne…
"Faut-il parler debout ou assis ?"
Certains préfèrent parler debout. D’autres assis. Qui parlent debout ? Les comédiens ou encore les animateurs de flux musicaux. Qui parlent assis ? Les journalistes. La position assise est idéale pour un exercice d’interview.
Parler allonger ? On n’a pas encore essayer (pas à ma connaissance). En revanche, l’exercice peut être intéressant pour renforcer la connivence ou l’intimité d’un interview. Si l’un ou l’autre s’endort, soit les questions, soit les réponses sont ennuyeuses. C’est l’avantage d’être allongé…

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