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[Étude] J-11h55 - Étude SociAudio et impact de l'IA sur le secteur radiophonique

Rédigé par le Mardi 3 Février 2026 à 11:55 | modifié le Mercredi 4 Mars 2026 à 17:03



L’étude socio-audio menée entre août et novembre 2025 auprès de 261 professionnels met en évidence une radio à deux vitesses. Les radios privées jugent majoritairement leur modèle économique viable, tandis que les radios associatives restent fragilisées par leur dépendance aux aides publiques. De fortes disparités salariales apparaissent entre les secteurs. Malgré une hyper-sollicitation et une charge mentale élevée, le moral reste globalement positif. L’étude souligne aussi la montée rapide de l’IA dans les usages professionnels, notamment pour la rédaction et la production audio.


Bien bonjour à toutes, bonjour à tous. Toujours un plaisir de vous retrouver à Paris pour un radio tour ou pour un salon de la radio. Comme Philippe vous l'a dit, on avait lancé en août dernier une étude qui était une première en France. Une étude pour prendre le pouls, on va dire un baromètre de la profession, ce que pensait la la profession. Deux-cent-soixante-et-une réponses nous sont parvenues et grâce à 2 partenaires Philippe vous le disait il y a quelques secondes, RCS et X-Perry, on a pu proposer ce baromètre autour de différentes réalités économiques et technologiques à la fois pour mettre en lumière une année deux-mille-cinq qui avait entre guillemets enfanté d'une profession à 2 vitesses dirons-nous. Je vous propose donc de découvrir une partie de cette étude que vous retrouverez en ligne sur le site de La Lettre Pro. 

D'abord, cette enquête, elle a mis en évidence des écarts marqués dans la perception de la viabilité des structures. Cinquante-trois point cinq pour cent, par exemple, des acteurs numériques jugent leur modèle économique plutôt incertain, cinquante-sept point huit des radios privées considèrent leur modèle comme majoritairement viable pour les semaines et les mois qui viennent. En revanche, les radios associatives se retrouvent dans une zone de tension pour cinquante-deux pour cent d'entre elles. C'est une tension qui est fortement liée à la dépendance des aides publiques et en particulier, vous le savez, du Fonds de soutien à l'expression radiophonique qui est remis en cause chaque année. Cette enquête a révélé aussi un écart marqué entre les rémunérations des cadres du secteur privé public et celles du secteur associatif. Près de cinquante-cinq pour cent des dirigeants de radio privée perçoivent un salaire mensuel supérieur à trois mille euros, c'est ce que nous ont fait savoir. Cette tranche de rémunération est autant dire totalement absente, par exemple, dans la radio associative et dans les stations qui évoluent sous le cadre juridique de la catégorie B. La majorité des cadres du secteur associatif, d'ailleurs, circulent dans une fourchette qui est comprise grosso modo entre mille cinq cents et deux mille euros. C'est une disparité qui illustre donc une profession à deux vitesses, c'est ce que je vous disais en préambule de cette rapide prise de parole selon le statut de la structure. Le contraste qu'on va qualifier de contraste salarial renforce donc les enjeux d'attractivité et même, d'ailleurs, la pérennité pour les acteurs commerciaux. 

Le baromètre moral, notre baromètre révèle un moral globalement bon dans l'ensemble ou très bon pour 59 % des gens, alors je ne suis pas certain que ce soit ce slide, mais je me permets de vous donner cette info parce que c'est une info qui est relativement intéressante et les acteurs numériques et indépendants affichent un taux élevé de moral positif, 80 %. En revanche, le moral est plus fragile pour les structures privées. Près de 58 % des cadres dirigeants du privé déclarent d'ailleurs un moral positif. L'hyper sollicitation c'était peut-être la prochaine slide. Là voilà, l'hyper sollicitation, on est tous en surtension mentale, on est d'accord, c'est une expression que j'entends, c'est utilisé aujourd'hui à satiété, je peux pas, je n'ai pas le temps, je n'ai pas envie d'entrer dans le projet, et caetera, et caetera. C'est ce qui ressort de ce baromètre, c'est l'hyper sollicitation, c'est le principal constat post-Covid, c'est né juste après les confinements successifs. Dans les radios privées, on parle de surcharge qui se manifeste par une forte charge mentale et par une polyvalence qui doit être accrue. Dans les radios associatives, le phénomène prend surtout la forme d'une surcharge horaire. On travaille davantage. Bon, la principale revendication vous l'avez compris dans les deux cas, c'est la hausse des salaires qui est demandée. Un besoin de reconnaissance hiérarchique également, et puis un ressenti d'épuisement post-Covid qui demeure encore aujourd'hui, quelques années plus tard, relativement fort dans toutes les catégories, pour toutes les catégories de radio. Deux mots sur l'intelligence artificielle, il me semble que j'avais passé le slide, c'est assez intéressant ce qui est ressorti de ce baromètre que l'on vous propose aujourd'hui.

On s'est aperçu que l'intelligence artificielle s'imposait comme un outil de production, c'est-à-dire un outil de rédaction dans les radios, près de 80 % des radios privées déclarent un usage ou un projet IA qui est en cours. Alors pour différentes raisons, alors je ne dis pas qu'elles ne sont pas légitimes ou moi je ne suis pas en position de juger qui que ce soit. Mais en tous les cas, on remarque que les radios se servent de plus en plus de l'intelligence artificielle, en particulier pour la rédaction de brèves, pour la rédaction de et de plus en plus pour la rédaction de spots publicitaires, vous connaissez le spot de 30 secondes que vous entendez et généralement il est désormais estampillé IA. Dans les radios associatives, près de 58 % d'entre elles signalent également un usage ou un projet lié à l'intelligence artificielle. Les radios privées mettent en avant un gain de productivité grâce à ces outils. On rédige du spot plus rapidement, on rédige de la brève d'agenda plus rapidement par exemple et puis peut-être un peu mieux. Il faut aussi dire les choses avec des qualificatifs, des phrases qui sont un petit peu plus colorées, un petit peu plus catchy, un petit peu plus engageantes. L'IA, bref, s'installe durablement dans les pratiques professionnelles du secteur de la radio, c'est le constat que l'on peut observer dans le cadre de ce baromètre. Vous retrouverez tous les chiffres, je survole très rapidement, mais vous retrouverez des chiffres hyper précis en ligne sur le site. Juste deux ou trois conclusions en termes de technologie et d'innovation. Notre baromètre quand on le lit et quand on parvient à le lire entre les lignes, on s'aperçoit que les gens veulent un avenir audio durable, on est d'accord sur ce point et aussi surtout remettre alors c'est encore une fois une expression utilisée à satiété mais remettre l'humain au cœur du processus de création radiophonique. Beaucoup envisagent des formations adaptées, quelle que soit d'ailleurs la catégorie de la radio et ils veulent pour les prochains mois et les prochaines saisons sécuriser les modèles économiques, c'est ce qui revient aussi, c'est ce qui est beaucoup revenu dans ce baromètre sécuriser les modèles économiques en particulier d'ailleurs pour les radios associatives qui sont depuis quelques mois maintenant pourrait-on dire depuis quelques saisons victimes d'un FSER dont l'avenir s'écrit selon moi en pointillés et qui chaque année à pareille doivent remettre une pièce dans la machine pour faire en sorte de continuer à bénéficier de ce fonds de soutien à l'expression radiophonique.

Plus globalement les salariés et ce sera ma conclusion qui sont formés aujourd'hui à l'intelligence artificielle et aux nouveaux outils technologiques de production, de rédaction, de diffusion auront incontestablement une longueur d'avance sur les autres dans les mois qui viennent, il est certain que les radios préféreront embaucher des gens opérationnels sur ces nouvelles technologies que d'autres qui ne le sont pas ou un peu moins et donc c'est aussi une conclusion de l'étude, ce sont fort probablement des profils qui seront particulièrement recherchés dans les mois et dans les saisons qui viennent. Je n'ai pas abordé les problématiques de recrutement, mais il y a de l'eau qui a coulé dans la Seine depuis qu'on a mis en avant ça fait bien aujourd'hui cinq ou six saisons que les radios ont des difficultés pour recruter des salariés et pas que dans les grandes villes, en particulier dans les zones rurales. Voilà, j'espère avoir été clair. Vous retrouverez tout ça sur la lettre.pro. Il y a une page spéciale qui doit être d'ailleurs en ligne et puis je vous invite, je vous encourage, je vous motive à vous abonner aussi à nos contenus. Merci à vous et puis surtout bon salon.


Frédéric Brulhatour
Brulhatour est le rédacteur en chef du magazine La Lettre Pro de la Radio et le directeur associé... En savoir plus sur cet auteur