La Lettre Pro de la Radio & des Médias - La Puissance du Média Radio
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Edito


Bonne année 2021

À défaut de pouvoir organiser une nouvelle édition du Salon de la Radio et de l'Audio Digital, l'équipe des Éditions HF lance un nouvel évènement : la #RadioWeek. Entièrement produite en distanciel et pensée pour les professionnels, cette #RadioWeek se déroule du 18 au 22 janvier. Tous les matins, cette #RadioWeek s'adresse aux francophones et, chaque après-midi, aux anglophones. C'est notre façon, modeste mais nécessaire, de répondre à la crise et de continuer à vous accompagner.

En ce début d'année, les Éditions HF publient également un nouveau hors-série, fruit d'un long travail, et consacré à la publicité et donc, de facto, aux régies publicitaires. Voilà un secteur malmené depuis plusieurs mois mais qui sait, incontestablement, faire montre de résilience. Une publication de 40 pages pour prendre le pouls de celle qui, à la radio, et comme le fait l'audience, permet d'assurer le bon tempo : la publicité.

2021 commence comme 2020 s'est achevée : dans le doute, la méfiance et l'appréhension des prochains mois. Ceux-ci s'annoncent décisifs sur de nombreux plans. Désormais, l'avenir de nombreuses entreprises, y compris celles de notre secteur, dépend de l'inversion des courbes. Pour autant, il faut aussi observer cette période à travers notre prisme habituel : nous sommes les témoins de profonds bouleversements. Nous devons, vous devez, en témoigner chaque jour sur l'ensemble de vos supports et être force de proposition pour bâtir les fondations de la société de demain.

Depuis presque un an, nous baignons dans une information fortement anxiogène. Il est trop tôt pour déterminer l'impact que cela produira sur vos équipes, sur vos auditeurs et sur votre audience. Mais ne pas céder au catastrophisme ni au découragement est déjà une première thérapie pour résister et mieux envisager ce que sera demain.
Les vœux des Éditions HF que nous vous adressons sont d'abord ceux de l'espérance.
 

Brulhatour


Dans les coulisses de la réalisation de Hondelatte raconte



Mercredi 1 Avril 2020


L'auditeur de l'émission Hondelatte raconte entend régulièrement son nom : Céline Le Bras. Dans l'ombre, cette jeune professionnelle, passée par le Studec, réalise quotidiennement la célèbre émission d'Europe 1. Si Hondelatte raconte exige un vrai travail d'équipe, sa réalisation quotidienne, confiée à Céline Le Bras, nécessite quelques solides connaissances techniques…



LLPR - Quels sont votre parcours et votre formation ?
CLB -
Je me suis prise de passion pour la radio associative quand j’avais 15 ans. J’ai continué à faire des chroniques pour Radio Morbihan Sud jusqu’à mes 20 ans, en parallèle de mes études de tourisme, puis je suis devenue saisonnière. J’ai dû arrêter la radio, mais j’ai quand même continué à faire un peu de technique, pour sonoriser les spectacles et les soirées dans mes villages du Club Med. J’ai essayé ensuite de me sédentariser, en travaillant en agence de voyages, mais en 2011, entre la crise économique, un attentat à Marrakech et l’éruption du volcan islandais, mon secteur était en déclin et je tournais en rond. Et puis un jour, Europe 1 a posé son studio mobile juste à côté de mon lieu de travail. Je suis allée jeter un œil sur ma pause déjeuner, et en retournant dans mon agence, je me suis dit : "Mais qu’est-ce que je fais là ?" J’ai démissionné, rendu mon appart et vendu ma voiture, et j’ai déménagé en région parisienne pour reprendre mes études au Studec.
 

LLPR - En quoi consiste précisément votre rôle au sein de Hondelatte raconte ?
CLB -
Je suis le dernier maillon de la chaîne avant la diffusion. Chaque matin, je fais une sélection de thèmes musicaux, d’ambiances et de bruitages, puis j’enregistre le récit avec Christophe Hondelatte sur l’heure de midi. Je fais le montage du récit dans l’après-midi pour le diffuser à notre invité pendant le 2e enregistrement de 18h. Je récupère l’interview, puis j’en fais également le montage final pour la diffusion ainsi que les podcasts.


LLPR - Quels sont les outils que vous utilisez au quotidien ?
CLB -
Pour le montage, j’utilise Pro Tools. Comme certains récits nécessitent jusqu’à huit pistes, associé à l’Artist Mix d’Avid, je gagne beaucoup de temps pour les automations et les niveaux, car le temps m’est compté, j’ai environ trois heures pour monter chaque histoire. À Europe 1, depuis notre déménagement en novembre 2018, nous diffusons nos programmes grâce à Zenon, que j’utilise uniquement pour la mise en PAD et la planification.

LLPR - Parlez-nous des coulisses : comment produit-on une telle émission ?
CLB -
Raconter quatre histoires originales par semaine demande beaucoup de recherches. D’abord, Nicolas Loupien et Bettina Servan trient sur le volet, puis lisent des dizaines de livres pour trouver des histoires compatibles avec notre format. Une fois validés par Christophe, les livres sont travaillés sous forme de plan par nos deux rédacteurs en chef ou par un de nos auteurs, Thomas Audouard et Simon Veil. Atika Bakoura s’occupe de nos invités, et enfin, le plan est livré à Christophe qui en fait un récit après une dizaine d’heures d’écriture.

LLPR - Réalisez-vous différemment une émission en fonction du sujet ?
CLB -
Pour moi, la méthode de travail reste la même, qu’il s’agisse d’une affaire criminelle ou d’un témoignage. Je ne me renseigne que vaguement sur la thématique chaque jour, juste sur le mood, et la décennie concernée pour orienter mes choix musicaux. Je ne découvre le texte qu’à l’enregistrement, pour me laisser surprendre et donner à Christophe une écoute et des réactions spontanées à son texte.

LLPR - J’ai remarqué l’insertion de nombreux effets sonores (bruitages, effets sur les voix). Travaillez-vous en lien avec Christophe Hondelatte ?
CLB -
En effet, c’est un vrai travail d’équipe. Christophe me donne des indications sur ce dont il a envie, comment il a pensé son texte, et j’en rajoute aussi selon mon ressenti. C’est de la recherche quotidienne pour essayer de retranscrire les images qui me viennent quand je réécoute le récit pendant le montage, coller à l’époque, à la saison, à l’environnement.

LLPR - Quelles sont les émissions dont vous êtes le plus fière ?
CLB -
Celles qui sont plus difficiles techniquement, qui demandent le plus d’heures de montage. Ce sont les récits d’aventures très immersifs, que ce soit en pleine mer avec Guirrec Soudée, la traversée de l’Himalaya avec Jean-Yves Fredriksen, ou dans la jungle de Tasmanie avec Sarah Marquis. Quand l’invité dit, après avoir écouté le récit : "j’avais l’impression d’y être", j’ai réussi mon pari.

LLPR - Avez-vous une oreille particulière lorsque vous écoutez d’autres émissions et podcasts ?
CLB -
Bien sûr, je pense qu’il pourrait y avoir autant de versions de chaque podcast que de paires d’oreilles de pros qui écoutent. Comme beaucoup, je m’agace quand j’entends une coupe ou quand la qualité du son est mauvaise. Mais j’aime la diversité de l’offre, pro ou non. Nous en sommes aux prémices du format, j’ai hâte de voir comment il peut évoluer.

LLPR - Hondelatte raconte connaît un vrai succès. Est-ce là une sorte de pression supplémentaire qui s’exerce sur vous ?
CLB -
Pas du tout ! Je fais mon travail, avec la même envie chaque fois, je me concentre sur le défi d’aborder une nouvelle histoire par jour. Même si la mécanique est bien huilée après plus de 600 émissions, il est impossible de tomber dans une routine tant nos récits sont riches. Et puis, pour moi, le pari est gagné : j’ai réussi à vivre de ma passion.
Frédéric Brulhatour
Brulhatour est le rédacteur en chef du magazine La Lettre Pro de la Radio et le directeur associé... En savoir plus sur cet auteur



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