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La radio, grande oubliée de la réforme de l'audiovisuel ?

Rédigé par le Jeudi 5 Septembre 2019 à 07:34 | modifié le Jeudi 5 Septembre 2019 à 08:36



La réforme du secteur de l'audiovisuel a été présentée par Franck Riester. Si ce texte préserve le marché publicitaire radiophonique face à celui de la télévision, les professionnels du secteur regrettent l'absence d'avancées pour le média radio, notamment au sujet des quotas de musique francophone et la concurrence des plateformes de streaming.


Franck Riester, lors des 30 ans du CSA en juin dernier / Photo LLP
Franck Riester, lors des 30 ans du CSA en juin dernier / Photo LLP

La montagne a-t-elle accouchée d'une souris ? Alors que les professionnels de la radio réclament une adaptation des règles à la nouvelle donne du marché des médias, aucune mesure spécifique pour le média radio n'apparaît dans les premières orientations qui seront présentées dans les jours à venir dans le projet de loi "audiovisuel" du ministre Franck Riester. Parmi les annonces phares, la télévision va pouvoir bénéficier d'une ouverture partielle et encadrée de la publicité segmentée, tout en interdisant l'adressage local : en clair, les spots TV pourront être différents d'une ville à l'autre mais ne pourront pas mentionner d’adresse d’établissement local. La publicité segmentée sera limitée à 2 minutes par heure en moyenne d’antenne quotidienne et 6 minutes par heure d’horloge donnée.

Marché publicitaire préservé

Sur ce point, le ministre a tenu compte des propositions du SIRTI (Syndicat des radios locales) et du SNPTV (Syndicat de la publicité télévisée). Par ailleurs, le projet de loi ne prévoit pas d'ouverture du secteur des offres promotionnelles de la grande distribution à la télévision, longtemps craint par le secteur de la radio. En clair, Leclerc, Carrefour ou Auchan ne pourront pas, comme c'est le cas aujourd'hui, faire de la publicité autour de produits spécifiques à la télévision. Des mesures saluées par le secteur radiophonique dont une grande partie des revenus publicitaires proviennent de la grande distribution. Une 3ème coupure publicitaire sera autorisée à la télévision pour les films et les téléfilms de plus d'une heure trente. Autre point, qui était attendu, la transformation du CSA qui fusionnera avec HADOPI et verra ses moyens accrus ou encore la création d'une holding commune du type "BBC à la française" réunissant l'audiovisuel public (Radio France, France Télévisions, France Médias Monde, TV5 Monde, INA).

Aucune mesure sur les quotas francophones

En revanche, le projet de loi ne prévoit aucune mesure pour réformer les quotas de musique francophone à la radio, réglementation souvent décriée par la profession. "On nous a dit que le système fonctionne bien, alors que ce n'est pas le cas, il est totalement obsolète et n'a pas été réformé depuis 1994." regrette un des représentants du secteur. "Alors que la télévision bénéficie de mesures face aux plateformes de VOD comme Netflix, la radio est la grande absente du projet de loi" souffle un participant aux échanges avec le ministère de la Culture. "Avec les offres gratuites des plateformes de streaming musical, on est dans un modèle de concurrence déloyal qui copie la radio en proposant musique et publicité, mais sans aucune contrainte".
La réforme de l’audiovisuel sera examinée début novembre en Conseil des ministres, puis par l’Assemblée nationale en janvier, et donc soumis à des amendements des députés. L’entrée en vigueur est prévue début 2020. Le ministre dévoilera plus précisément son projet pour l’audiovisuel public la semaine prochaine.


François QUAIREL
Journaliste médias à La Lettre Pro de la Radio et Le POD., coordinateur de la rédaction à Paris,... En savoir plus sur cet auteur

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