La Lettre Pro de la Radio & des Médias



Africa n°1 : "pour la douzième fois, le CSA a dit non"

Rédigé par le Lundi 11 Décembre 2017 à 08:19 | modifié le Lundi 11 Décembre 2017



C'est un peu l'incompréhension qui domine depuis jeudi dernier dans les studios d'Africa n°1. La station, dirigée par Dominique Guihot, a une nouvelle fois était recalée suite à l'appel à candidatures à Toulouse. C'est la douzième fois depuis 2007.


Rappelons qu'à Toulouse, le CSA a choisi d’attribuer les deux fréquences disponibles à deux radios indépendantes de Catégorie B et D. "En tant qu’adhérent au GIE les Indés Radios et conscient du travail effectué par ces deux stations, nous nous en félicitons". Pour autant, Afica N°1 était bien sûr candidate dans la Métropole toulousaine, "l’une des plus importantes pour les Africains d’origine, juste après Marseille, en terme de population, de vitalité culturelle et de tissu associatif". Mais pour la douzième fois depuis 2007, année au cours de laquelle le CSA. a décidé de faire passer Africa N°1 au rang de "radio thématique à vocation nationale" (catégorie D), la station a échoué à faire entendre sa voix et celle des diasporas originaires d’Afrique. "Pour la douzième fois, le CSA a dit non" regrette la radio.
 

"Quel paradoxe ! Notre Président de la République salue dès qu’il le peut la vitalité des diasporas africaines, nos édiles ne cessent de célébrer l’Afrique comme le continent de notre avenir. Mais le rayonnement de la langue française, la réussite de nos entreprises sur le continent passent évidemment à minima par une reconnaissance des diasporas africaines en France. Elles créent, elles innovent, elles se battent… Africa N°1 s’en fait l’écho au quotidien. Seulement voilà, il y a plus de mille radios à travers la France mais désormais une seule radio des cultures d’Afrique sub-saharienne, cantonnée à l’Île-de-France" explique le dirigeant d'Africa N°1.
 

La RNT ? Pas vraiment une solution

Et si la RNT pouvait permettre le développement des radios face à une bande FM aujourd'hui saturée ? Pour Dominique Guihot : "La Radio Numérique Terrestre ne pourra pas être la seule réponse du CSA à cette anomalie. Son déploiement sera long et coûteux. Parce que le Conseil a choisi de ne pas fixer la date d’extinction de la FM, les radios qui croient à juste titre à cette technologie, devront assurer seules le financement de cette double diffusion. Elles auront besoin d’une audience solide dans les grandes agglomérations en modulation de fréquence. La diaspora africaine ne mérite t-elle pas d’accéder, là où elle vit, à des programmes qui lui ressemblent ? La fameuse intégration à la française ne passe t-elle pas aussi par cette reconnaissance des cultures d’origine ? Après tout, les médias publics français occupent une place de choix sur le continent africain. Un peu de réciprocité apporterait une bouffée d’oxygène".
 
Dominique Guihot juge "qu'il est temps que le média radio en France, qui accompagne la vie de 45 millions de nos concitoyens, prenne en compte ces grands principes. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a ce pouvoir entre les mains". Rappelons qu'Africa N°1 rassemble aujourd’hui 110 000 auditeurs quotidiens en Île-de-France qui l’écoutent 90 minutes chaque jour.


Frédéric Brulhatour
Brulhatour est le rédacteur en chef du magazine La Lettre Pro de la Radio et le directeur associé... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par Eteka Cyrille le 15/12/2017 15:14
Le Président français feu Charles de Gaule n'a-t-il affirmé, persisté et signé que la France n'a pas d'ami mais plutôt d'intérêt. Cela sera ainsi jusqu'à l'extinction de l'espèce humaine. Alors, cette situation de la radio Africa N°1 se comprend aisément. Ainsi, n'est-il pas temps encore qu'il est encore temps que les africaines et africains se réveillent de leur sommeil volontaire pour l'édification d'une autre relation avec la France.

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Les commentaires ne sont publiés que pour les personnes possédant un identifiant et un mot de passe. Les commentaires anonymes sont interdits. Toute personne ne pouvant justifier de son identité réelle pourra se voir interdite de commentaire et l'accès au site refusé. Notre site étant un site en direction des professionnels, toute personne ne se considérant pas comme un professionnel de la radio ne sera pas accepté. Sont considérés comme professionnels toutes personnes salariées, bénévoles ou travaillant au sein d'une radio ou webradio ou de média (presse écrite, télévision, web, téléphonie mobile...).

Dans la même rubrique :
< >