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Edito

Des casques et des masques

D'aucuns diront que le plus difficile est derrière nous, d'autres que les semaines et les mois qui viennent nous promettent un cortège de misères. On peut s'accorder sur un point : le manque de visibilité des acteurs de l'industrie pour la prochaine saison. Quel avenir pour les émissions en public ? Quelle place pour le télétravail ? Quelles marges de manœuvre pour les commerciaux ? Quel sort réservé aux délocalisations et aux concerts ? Beaucoup d'interrogations. Peu de réponses. Car le 11 mai ne sera pas la date de la fin de ce printemps confiné, mais le début d'une nouvelle étape à laquelle nous devrons faire face.

La panoplie de l'animateur et du journaliste s'enrichit d'un nouvel accessoire : le masque. Parler avec un masque, vous n'y pensez pas ! Pourtant, les habitudes vont devoir changer. Les comportements aussi. La radio s'adaptera. Elle en a déjà vu d'autres. Mais dès le début de l'été prochain sonnera également l'heure des comptes. Et ça devrait faire mal. Avec ou sans masque. Depuis le mois de mars, le chiffre d'affaires de la radio accuse une baisse sensible et les commerciaux mangent la poussière. Tout cela aura des conséquences sur les investissements et sur l'emploi.

Avancer. Anticiper. Prévoir. C'est ce que nous nous efforçons de faire aux Éditions HF qui lancent durant cette fin de période de confinement la Virtual Radio Week. C'est une première. Une opération entièrement digitale, diffusée exclusivement sur le web avec des moyens entièrement numériques. C'est notre façon de répondre à la crise qui nous touche. Les webinars s'enchaîneront du 4 au 7 mai autour de la thématique Total Remote ou comment continuer à fabriquer la radio en période de crise. On compte sur vous.
 

Brulhatour
 


Que retiendra-t-on de cette année 2019 ?


Mardi 24 Décembre 2019



D’abord, des programmes relativement figés. La radio a connu peu de grands changements entre la fin de la saison précédente et la nouvelle, qui a débuté en septembre dernier. Ce n’est pas franchement un signe de mauvaise santé mais certainement pas un signe de bonne santé. Des programmes qui n’évoluent pas, ou peu, sont souvent le signe que la radio ne veut pas prendre de risques parce que ses marges de manœuvre sont réduites.

Ensuite, les audiences en baisse. En septembre, la radio a fait sa rentrée la tête basse : elle a perdu précisément 1 126 000 auditeurs en 12 mois seulement et a enregistré 76,5% d'audience cumulée contre 78,6% il y a un an. Ce n’est pas de bon augure. Cette baisse devrait naturellement se poursuivre, probablement même s’intensifier. La radio n’est plus la seule à occuper le terrain de l’immédiateté et du direct et la concurrence est féroce.

Enfin, l’engouement pour l’audio digital. C’est, une nouvelle fois, le grand gagnant de cette année 2019 avec aussi le développement des matinales filmées. Les radios ont tout intérêt à prendre le train en marche comme elles ont tout intérêt à aller chercher l’audience là où elle se trouve y compris sur le DAB+ qui devrait, à terme, permettre de limiter la casse et sonner le glas d’une saturée et calcinée modulation de fréquence. On se demande d’ailleurs pourquoi la FM n’a pas encore tiré sa révérence quand on voit tous les avantages que propose la technologie du DAB+.
 
À l’aube de 2020, il est encore symptomatique d’observer les professionnels de la radio s’interroger sur la perte de vitesse de la radio. Est-ce à dire que l’on aurait définitivement oublié ce qui a fait jadis sa force et donc son succès ?
Joyeux Noël à vous tous.

 
Frédéric Brulhatour
Brulhatour est le rédacteur en chef du magazine La Lettre Pro de la Radio et le directeur associé... En savoir plus sur cet auteur


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