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Edito

Des casques et des masques

D'aucuns diront que le plus difficile est derrière nous, d'autres que les semaines et les mois qui viennent nous promettent un cortège de misères. On peut s'accorder sur un point : le manque de visibilité des acteurs de l'industrie pour la prochaine saison. Quel avenir pour les émissions en public ? Quelle place pour le télétravail ? Quelles marges de manœuvre pour les commerciaux ? Quel sort réservé aux délocalisations et aux concerts ? Beaucoup d'interrogations. Peu de réponses. Car le 11 mai ne sera pas la date de la fin de ce printemps confiné, mais le début d'une nouvelle étape à laquelle nous devrons faire face.

La panoplie de l'animateur et du journaliste s'enrichit d'un nouvel accessoire : le masque. Parler avec un masque, vous n'y pensez pas ! Pourtant, les habitudes vont devoir changer. Les comportements aussi. La radio s'adaptera. Elle en a déjà vu d'autres. Mais dès le début de l'été prochain sonnera également l'heure des comptes. Et ça devrait faire mal. Avec ou sans masque. Depuis le mois de mars, le chiffre d'affaires de la radio accuse une baisse sensible et les commerciaux mangent la poussière. Tout cela aura des conséquences sur les investissements et sur l'emploi.

Avancer. Anticiper. Prévoir. C'est ce que nous nous efforçons de faire aux Éditions HF qui lancent durant cette fin de période de confinement la Virtual Radio Week. C'est une première. Une opération entièrement digitale, diffusée exclusivement sur le web avec des moyens entièrement numériques. C'est notre façon de répondre à la crise qui nous touche. Les webinars s'enchaîneront du 4 au 7 mai autour de la thématique Total Remote ou comment continuer à fabriquer la radio en période de crise. On compte sur vous.
 

Brulhatour
 


Les radios à l’heure de la pandémie

Programmes



Mercredi 1 Avril 2020


Parti de Chine, le coronavirus s’est répandu comme une traînée de poudre. En quelques semaines, cette "petite grippe" est devenue une crise sanitaire mondiale. Le confinement des populations est une mesure totalement inédite qui a été imposée dans de nombreux pays. Les médias ont à peine eu le temps de se retourner. Il a donc fallu improviser pour faire face.


En pyjama et en pantoufles, Élodie Gossuin coanime la matinale de RFM depuis son salon. © D.R.
En pyjama et en pantoufles, Élodie Gossuin coanime la matinale de RFM depuis son salon. © D.R.

Si l’on reprend l’historique des faits, après l’annulation ou le report de plusieurs événements de la galaxie radio à travers le monde (Radiodays Europe au Portugal, NAB Show aux États-Unis, Assises du journalisme à Tours…), le premier à dégainer a été le service public. D’abord en fermant la Maison de la radio aux visites, dès le 11 mars (cinq jours avant la première allocution télévisée d’Emmanuel Macron, le 16 mars, annonçant le début du confinement à compter du lendemain midi), puis en activant pour la première fois, le dimanche 15 mars, son plan de continuité d’activité. Première conséquence, le jour même : la réduction au minimum du dispositif de couverture du premier tour des élections municipales. À partir de là, tout s’est emballé.

Réactivité, créativité, adaptabilité

Dès le lundi 16 mars, la priorité était donnée à l’info. France Inter, franceinfo et France Bleu chargeaient la mule, tandis que France Culture aménageait sa grille pour proposer de nouveaux programmes en lien avec l’épidémie. Les musicales de Radio France (France Musique, Mouv’ et FIP) laissaient place à des flux musicaux. En Belgique, même chose à la RTBF où les programmes ont été modifiés pour respecter les règles de confinement, mettre à l’abri le personnel et poursuivre la mission d’information et d’accompagnement des auditeurs. Mais l’épidémie ne se limite pas aux médias de service public. Les radios privées, aussi, ont modifié leurs programmes avec la même réactivité et les mêmes contraintes. Parmi les nombreuses initiatives, Europe 1 inaugurait #RadioOuverte avec la promesse de reverser à l’Institut Pasteur l’ensemble de l’argent collecté par les appels d’auditeurs au 3921. Dès le 16 mars, RMC lançait Mobilisation générale, émission quotidienne (14h-16h) emmenée par Rémy Barret "pour comprendre et décrypter la situation historique dans laquelle se trouve la France". De son côté, RTL a "bouleversé", selon ses propres mots, ses programmes, donnant la priorité à l’interactivité avec ses auditeurs et en créant trois nouveaux podcasts, dont Coronavirus : RTL avec vous de Philippe Corbé qui reprend chaque jour les meilleurs moments de l’antenne en lien avec cette crise sanitaire. 

Sur les musicales aussi, le rythme a changé. Le 6-9 de NRJ s’est transformé en 7-10, puis en 6h-10h30 depuis le 23 mars. Soulignons aussi l’initiative "NRJ Big Action" à travers laquelle des stars offrent des objets personnels vendus au profit des soignants (Marc Lavoine a offert l'un de ses disques d'or, Eddy Mitchell, une chemise sur mesure réalisée à Las Vegas…). Depuis le mardi 24 mars, et jusqu’à la fin du confinement, Bruno dans la radio, sur Fun Radio, est également diffusée sur W9. Bruno Guillon est seul en studio avec son réalisateur, tandis que le reste de l’équipe est confiné à domicile. Le lendemain, Virgin Radio inaugurait Toujours ensemble, deux heures de libre antenne chaque soir, 18h-20h, avec Victor Leclerc confiné chez lui, en Normandie, tandis que Camille Combal présente sa matinale en direct de son salon.

Les radios locales plus proches que jamais

En Normandie, Radio Cristal a ouvert son antenne aux appels d’auditeurs de 6h à 19h pour entretenir le lien et lutter contre l’isolement, invitant aussi les enfants à enregistrer des lettres audio pour raconter leur confinement. Champagne FM propose un grand direct de 9h à 12h en Facebook Live pour échanger avec les auditeurs sur leur quotidien. RDL a ouvert un répondeur pour recueillir des messages de soutien adressés aux soignants et qu’elle diffuse à l’antenne. Dans de très nombreuses radios commerciales, les planificateurs sont devenus des déplanificateurs, forcés de déprogrammer les campagnes publicitaires qui s’annulent en cascade. Bien conscientes que les annonceurs sont les premières victimes de la situation actuelle, des radios, comme Contact FM dans les Hauts-de-France ou K6FM à Dijon, soutiennent les commerçants en les mettant en avant à l’antenne. Enfin, l’élan de solidarité de la population envers le personnel soignant se traduit aussi en musique. Plusieurs stations des Indés Radios diffusent chaque soir à 20h "À nos héros du quotidien", composée par Soprano, tandis qu’à la même heure, RFM a choisi de jouer "Ils sauvent des vies", adaptation de Jean-Jacques Goldman en personne, à partir de l'une de ses plus célèbres chansons.
"L'épidémie ne se limite pas aux médias de service public"



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