La Lettre Pro de la Radio & des Médias - La Puissance du Média Radio
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Edito

En ce début d’année 2022, la radio a donc repris du poil de la bête. Mais ne nous emballons pas trop vite… Elle reste difficilement au-dessus des 40 millions d’auditeurs quotidiens. Précisément, sur la vague de novembre à décembre 2021, la radio a été écoutée par 40 843 000 auditeurs. C’est, légèrement, mieux qu’il y a un an. La radio a gagné quelque 429 000 auditeurs en un an et seulement une petite poignée par rapport à la vague de rentrée : 178 000. 
Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, il ne faut pas oublier cette récente actualité… En juillet dernier, la radio française avait connu un trou d’air historique et terminé sa saison dans le fossé, en passant sous la barre psychologique des 40 millions d’auditeurs, après une décennie de baisse modérée mais continue…
 
Que faut-il en déduire ? Que les gagnants d’aujourd’hui ne sont pas forcément ceux de demain. C’est ce qui fait tout le charme de la radio. L’audience est un élément souvent versatile, parfois instable et généralement capricieux. À l’image des auditeurs… Il faut garder à l’esprit qu’elle évolue également au rythme des évènements qui font ou défont une société. La longue crise sanitaire, ayant considérablement réduit la mobilité, en est la preuve.
L’audience, c’est le cœur du moteur de la radio. Car, quelle que soit la radio pour laquelle on travaille, de la plus petite à la plus grande, ici ou ailleurs, on fait toujours de la radio pour être écouté par un maximum d’auditeurs.
 
L’audience, c’est aussi la courroie de transmission de ce nouveau numéro de La Lettre Pro de la Radio. Un numéro augmenté à l’occasion de la Radio&Podcast Week dont le thème fil rouge s’articule autour de… l’audience. Durant une semaine, une cinquantaine de professionnels vont partager leurs expériences. Nul doute qu’ils nous diront que l’audience évolue. Jamais, depuis l’arrivée du transistor dans les foyers et de l’autoradio dans les voitures, l’audience n’avait été soumise à autant d’évolutions qu’aujourd’hui.
 
Bonne année 2022.

 

Brulhatour


Les radios à l’heure de la pandémie

Programmes



Mercredi 1 Avril 2020


Parti de Chine, le coronavirus s’est répandu comme une traînée de poudre. En quelques semaines, cette "petite grippe" est devenue une crise sanitaire mondiale. Le confinement des populations est une mesure totalement inédite qui a été imposée dans de nombreux pays. Les médias ont à peine eu le temps de se retourner. Il a donc fallu improviser pour faire face.


En pyjama et en pantoufles, Élodie Gossuin coanime la matinale de RFM depuis son salon. © D.R.
En pyjama et en pantoufles, Élodie Gossuin coanime la matinale de RFM depuis son salon. © D.R.

Si l’on reprend l’historique des faits, après l’annulation ou le report de plusieurs événements de la galaxie radio à travers le monde (Radiodays Europe au Portugal, NAB Show aux États-Unis, Assises du journalisme à Tours…), le premier à dégainer a été le service public. D’abord en fermant la Maison de la radio aux visites, dès le 11 mars (cinq jours avant la première allocution télévisée d’Emmanuel Macron, le 16 mars, annonçant le début du confinement à compter du lendemain midi), puis en activant pour la première fois, le dimanche 15 mars, son plan de continuité d’activité. Première conséquence, le jour même : la réduction au minimum du dispositif de couverture du premier tour des élections municipales. À partir de là, tout s’est emballé.

Réactivité, créativité, adaptabilité

Dès le lundi 16 mars, la priorité était donnée à l’info. France Inter, franceinfo et France Bleu chargeaient la mule, tandis que France Culture aménageait sa grille pour proposer de nouveaux programmes en lien avec l’épidémie. Les musicales de Radio France (France Musique, Mouv’ et FIP) laissaient place à des flux musicaux. En Belgique, même chose à la RTBF où les programmes ont été modifiés pour respecter les règles de confinement, mettre à l’abri le personnel et poursuivre la mission d’information et d’accompagnement des auditeurs. Mais l’épidémie ne se limite pas aux médias de service public. Les radios privées, aussi, ont modifié leurs programmes avec la même réactivité et les mêmes contraintes. Parmi les nombreuses initiatives, Europe 1 inaugurait #RadioOuverte avec la promesse de reverser à l’Institut Pasteur l’ensemble de l’argent collecté par les appels d’auditeurs au 3921. Dès le 16 mars, RMC lançait Mobilisation générale, émission quotidienne (14h-16h) emmenée par Rémy Barret "pour comprendre et décrypter la situation historique dans laquelle se trouve la France". De son côté, RTL a "bouleversé", selon ses propres mots, ses programmes, donnant la priorité à l’interactivité avec ses auditeurs et en créant trois nouveaux podcasts, dont Coronavirus : RTL avec vous de Philippe Corbé qui reprend chaque jour les meilleurs moments de l’antenne en lien avec cette crise sanitaire. 

Sur les musicales aussi, le rythme a changé. Le 6-9 de NRJ s’est transformé en 7-10, puis en 6h-10h30 depuis le 23 mars. Soulignons aussi l’initiative "NRJ Big Action" à travers laquelle des stars offrent des objets personnels vendus au profit des soignants (Marc Lavoine a offert l'un de ses disques d'or, Eddy Mitchell, une chemise sur mesure réalisée à Las Vegas…). Depuis le mardi 24 mars, et jusqu’à la fin du confinement, Bruno dans la radio, sur Fun Radio, est également diffusée sur W9. Bruno Guillon est seul en studio avec son réalisateur, tandis que le reste de l’équipe est confiné à domicile. Le lendemain, Virgin Radio inaugurait Toujours ensemble, deux heures de libre antenne chaque soir, 18h-20h, avec Victor Leclerc confiné chez lui, en Normandie, tandis que Camille Combal présente sa matinale en direct de son salon.

Les radios locales plus proches que jamais

En Normandie, Radio Cristal a ouvert son antenne aux appels d’auditeurs de 6h à 19h pour entretenir le lien et lutter contre l’isolement, invitant aussi les enfants à enregistrer des lettres audio pour raconter leur confinement. Champagne FM propose un grand direct de 9h à 12h en Facebook Live pour échanger avec les auditeurs sur leur quotidien. RDL a ouvert un répondeur pour recueillir des messages de soutien adressés aux soignants et qu’elle diffuse à l’antenne. Dans de très nombreuses radios commerciales, les planificateurs sont devenus des déplanificateurs, forcés de déprogrammer les campagnes publicitaires qui s’annulent en cascade. Bien conscientes que les annonceurs sont les premières victimes de la situation actuelle, des radios, comme Contact FM dans les Hauts-de-France ou K6FM à Dijon, soutiennent les commerçants en les mettant en avant à l’antenne. Enfin, l’élan de solidarité de la population envers le personnel soignant se traduit aussi en musique. Plusieurs stations des Indés Radios diffusent chaque soir à 20h "À nos héros du quotidien", composée par Soprano, tandis qu’à la même heure, RFM a choisi de jouer "Ils sauvent des vies", adaptation de Jean-Jacques Goldman en personne, à partir de l'une de ses plus célèbres chansons.
"L'épidémie ne se limite pas aux médias de service public"



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