ÉDITO 101 : S'adapter aux nouveaux usages

On ne veut pas jouer les Cassandre, mais il y a fort à parier que les radios qui ne feront pas le choix de cette adaptation aux nouveaux usages débuteront sans le savoir un long cycle de ronronnement avec les conséquences qui vont avec. Les modes de consommation de la radio changent, vite. Jamais ils n’ont d’ailleurs évolué aussi rapidement. Et gare à celles et ceux qui ne s’adaptent pas devant l’offensive des podcasts ou devant l’émergence des nombreuses plateformes qui proposent une offre musicale jusqu’ici jamais vue et jamais entendue…
 
Le champ des possibles est infini. L’horizon presque inconnu. Mais les nouvelles générations semblent prendre une autre direction. Probablement moins formatées à la radio traditionnelle que leurs aînés et prêtes, surtout curieuses, à utiliser de nouveaux outils et à aborder cette nouvelle façon de consommer : où je veux, quand je veux et comme je veux.
Les assistants vocaux ne sont certainement que le début d’une longue histoire. Il faut, coûte que coûte, s’y faire une place. Jouer des coudes et bien plus encore. Le DAB+, l’IP, les flux numériques constituent aussi des leviers de croissance. Il faut y investir, quitte à y laisser quelques plumes ou changer de direction au gré des vents. Mais qui peut affirmer, quand on observe la vitesse à laquelle ces technologies évoluent, que ces nouvelles contrées seront celles où veulent vivre vos auditeurs ?
 
Cette adaptation des auditeurs aux nouveaux usages doit passer obligatoirement par une adaptation des éditeurs. Une nouvelle façon de penser, d’abord la radio et, ensuite, de la fabriquer. C’est un challenge formidable pour les radios françaises et certainement la promesse de nouveaux formats ou de nouveaux contenus pour les auditeurs.
Dans un monde radiophonique qui bouge toujours, qui tangue parfois, vous devez appareiller pour un grand voyage qui sera ponctué par des escales avec leur lot d’avaries et de belles découvertes. Sans le savoir, dans vos studios, vous êtes les Magellan de la radio. Et l’industrie que vous représentez si brillamment, vieille déjà de près d’un siècle, n’en est encore, soyez-en sûr, qu’à ses tout premiers balbutiements.

Brulhatour
 

Voici votre magazine n°71 de la Lettre Pro de la Radio et des Médias

Vendredi 9 Octobre 2015




Sommaire du n°71

Revoilà Daniel Herrero sur Sud Radio…
D’aucuns s’en frisent déjà les moustaches. Car l’ancien troisième ligne centre mettra sa riche expérience du monde de l’ovalie au service de la station qui a annoncé une couverture exceptionnelle de l’événement jusqu’au 31 octobre. Avec Herrero au poste de consultant, l’auditeur aura droit à quelques envolées lyriques et métaphoriques dont le Toulonnais a le secret…

La Villette, capitale de la radio
Créée en 2003 et passée d’abord par la Porte de Versailles, par le Tapis Rouge puis, durant 3 ans, par le Centre Étoile Saint-Honoré, la nouvelle édition du Salon de la Radio se déroulera à la Grande Halle de la Villette et, plus précisément, à l’Espace Charlie Parker qui développe une surface de 3 920 m².      

Un tramway nommé… audience
Flor FM vient de s’offrir son record d’audience historique. Avec 38 000 auditeurs/jour sur la saison 2014/2015, elle a encore surclassé son joli score de la saison précédente de près de 20%. Ce n’était donc pas un accident : la recette paye. Quelle recette ? Deux doigts d’imagination, de l’audace, et du local, du local, du local. En septembre, la fine équipe a frappé encore plus fort, en floquant à ses couleurs un tramway entier.

France Musique : la reconquista !
Marc Voinchet vient de prendre la direction de la très exigeante chaîne musicale de Radio France. Ce Toulousain d’origine, pur produit de la Maison ronde, n’a rien perdu de sa faconde toute sudiste depuis 25 ans qu’il vit à Paris. Et il attaque cette nouvelle saison avec appétit, convaincu qu’un programme exigeant peut parler au plus grand nombre, pour peu qu’on y partage la notion de… plaisir.

Jamais son mon Nagra
Comme les mots frigidaire, zippo ou mobylette, la marque Nagra est devenue au fil des années un nom commun. Cela traduit sa puissance et sa longévité sur le marché. Comme le LEM qui revoie au micro du reporter, le Nagra est désormais indissociable de l’enregistreur. Un enregistreur qui a connu une spectaculaire évolution ces dernières années…

Nicolas Poincaré ou la radio dans l'âme
Sur Europe 1, Nicolas Poincaré présente Europe Soir. Entre le journaliste et la radio, c’est une histoire d’amour qui date depuis… l’enfance. Celui qui, durant des années a été Grand Reporter, pensait qu’il ne pouvait rien se passer dans un studio. Désormais, il l’avoue sans retenue : "il y a souvent des émotions très fortes".

Speed consulting de Rémy Jounin
Permettez-moi pour une fois d’être plus polémiste que consultant… Alors que fait rage depuis quelques jours la bataille des quotas, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'elle arrive avec une bonne vingtaine d'années de retard. Non, à la radio, je n'écoute pas ce que je veux. J'écoute ce que les accords maison de disques/radio décident.

10 exemples de sources de revenus digitaux locaux pour vos radios
Pour l’instant, internet n’a pas rapporté de recettes additionnelles significatives pour votre station. La forte rentabilité du média radio ne vous engage pas à mettre les pieds dans le web, car c’est un support complexe que vous connaissez mal et qui ne génère pas toujours des marges très confortables. Mais vos annonceurs, eux, y viennent. Sans vous ?

Dans les coulisses de la Radio 2.0
Le 13 octobre, à la Sacem, la radio se conjuguera au futur grâce aux nouvelles Rencontres Radio 2.0. Une journée, bien remplie (présentations, études, débats, workshops…), attendue chaque année avec une certaine impatience afin de prendre le pouls d’une industrie en pleine mutation…

J'ai fait un rêve
Denis Florent donne chaque mois son point de vue sur l'actualité de la radio dans La Lettre Pro de la Radio. Denis Florent a dirigé plusieurs stations aux formats souvent très différents : CHR, HOT AC, Dance, Music & News. Il dirige désormais RadioFormat, entreprise internationale de consulting qui apporte ses conseils sur les 5 continents. Ce mois-ci, Denis Florent réagit vivement suite à la modification de la loi sur les quotas.

Phonétiquement parlant…
Vous avez hissé haut votre drapeau sur lequel on peut lire "local", "départemental", "régional" ou encore "proximité". Si vos animateurs ou vos journalistes ont des difficultés à prononcer les noms des communes ou des villes de votre secteur, alors ce drapeau, mettez-le en berne. Car ne l'oubliez pas : Écorcher le nom d’une ville ou d’une personnalité est le meilleur moyen de discréditer votre station.     


Philippe Chapot
Fondateur et directeur de la publication de La Lettre Pro de la Radio et des Médias, Philippe... En savoir plus sur cet auteur