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L’ajout de l’audio à une stratégie digitale dope les conversions selon Audacy
Tout a commencé avec un constat : l’arrivée du numérique dans les années 90 a laissé les journalistes seuls face à des outils conçus pour des ingénieurs du son. Une fracture s’est créée, et avec elle, une perte de qualité dans la production audio. Nick Dunkerley se souvient de cette époque comme d’un basculement brutal. "On a mis une jeune journaliste dans un studio d’enregistrement, fermé la porte et dit : amuse-toi". Résultat : des contenus mal produits, une frustration palpable chez les reporters et une standardisation sans âme du son diffusé. Avec Hindenburg, Nick Dunkerley et son équipe ont voulu inverser la tendance.
"C’est comme jouer avec des Lego", résume-t-il. L’interface a été pensée pour être intuitive, mais derrière cette apparente simplicité, se cachent des fonctionnalités puissantes, comme la gestion automatique des niveaux audio ou l’export au format radio ou podcast selon les normes de loudness. "On est le marteau de la boîte à outils, pas le scalpel". Et pour cause : la radio, c’est l’urgence, le flux, l’immédiateté, pas le perfectionnisme stérile.
Long-format : la voie du futur
Mais ce qui anime profondément Nick Dunkerley, c’est le format long. Loin des talk-shows bavards ou des contenus "TikTokisés", il défend une autre manière de faire de l’audio. "Le problème, c’est que 90 % des podcasts aujourd’hui, ce sont juste des discussions d’opinion. Ce n’est pas ça le long-form". Pour lui, raconter, c’est creuser, revenir sur les faits, donner du contexte, et surtout… écouter. Inspiré par des productions comme Serial ou S-Town, il regrette que trop peu de structures osent encore prendre ce temps-là.
"Ce n’est pas une question de rentabilité. C’est une nécessité. Sinon, nos sociétés vont s’effondrer". Le format long permet, selon lui, d’échapper à la polarisation, en recréant de l’empathie. Et l’audio est le média idéal pour cela : "Il s’infiltre dans votre tête. Quand vous écoutez deux personnes débattre, vous les imaginez. Et ce faisant, vous devenez une partie de l’histoire".
"Ce n’est pas une question de rentabilité. C’est une nécessité. Sinon, nos sociétés vont s’effondrer". Le format long permet, selon lui, d’échapper à la polarisation, en recréant de l’empathie. Et l’audio est le média idéal pour cela : "Il s’infiltre dans votre tête. Quand vous écoutez deux personnes débattre, vous les imaginez. Et ce faisant, vous devenez une partie de l’histoire".
Une fondation pour l’audio qui rassemble
C’est dans cet esprit qu’il développe actuellement un projet ambitieux : une fondation dédiée à la création audio, capable de financer des productions de grande ampleur, avec un seul objectif : construire des ponts entre les gens. "On ne va pas la vendre comme une série de podcasts. C’est un projet culturel, démocratique, presque artistique. On vise les budgets de la télé, pas ceux du podcast".
Il évoque une réunion à venir à Riga lors des Radiodays Europe, où il réunira les premiers participants de cette aventure collective. "On ne cherche pas à faire de l’élitisme. On veut créer des œuvres qui tirent tout le monde vers le haut, comme un restaurant étoilé peut inspirer toute une cuisine locale. Il faut une impulsion, un rêve un peu fou pour que les autres suivent".
Il évoque une réunion à venir à Riga lors des Radiodays Europe, où il réunira les premiers participants de cette aventure collective. "On ne cherche pas à faire de l’élitisme. On veut créer des œuvres qui tirent tout le monde vers le haut, comme un restaurant étoilé peut inspirer toute une cuisine locale. Il faut une impulsion, un rêve un peu fou pour que les autres suivent".
L’IA au service du professionnel, pas de la facilité
L’enthousiasme de Nick Dunkerley pour l’innovation technologique ne se fait pas sans limites. L’intelligence artificielle, présente dans les nouvelles versions de Hindenburg, est pensée pour tourner localement, sur les machines des utilisateurs. Un choix fort, motivé par les questions de confidentialité, notamment dans le journalisme. "On ne veut pas d’un cloud flou où on ne sait pas ce qui se passe avec nos fichiers". Et surtout, Nick Dunkerley met en garde contre la tentation de laisser l’IA faire le travail à notre place.
"L’IA peut aider, mais elle ne sauvera pas un mauvais enregistrement. La seule solution, c’est d’apprendre à bien faire dès le départ". Là encore, il revient à l’essentiel : la formation, la transmission, l’éthique du métier. "Ce savoir se perd. Aujourd’hui, les jeunes journalistes n’ont plus de mentors pour leur dire : fais-le mieux, recommence. Et c’est dramatique".
Nick Dunkerley n’est ni cynique, ni naïf. Il sait que le combat pour un audio de qualité est difficile, que le format long demande du temps, de l’argent et de la passion. Mais il avance, porté par une conviction simple : nous avons besoin d’histoires, pas de contenus. Et surtout, nous avons besoin de les entendre longtemps, profondément, dans nos têtes et dans nos cœurs. "Ce n’est pas qu’un outil, l’audio. C’est un lien. Un fil invisible entre les êtres. Et c’est ce fil que je veux renforcer".
"L’IA peut aider, mais elle ne sauvera pas un mauvais enregistrement. La seule solution, c’est d’apprendre à bien faire dès le départ". Là encore, il revient à l’essentiel : la formation, la transmission, l’éthique du métier. "Ce savoir se perd. Aujourd’hui, les jeunes journalistes n’ont plus de mentors pour leur dire : fais-le mieux, recommence. Et c’est dramatique".
Nick Dunkerley n’est ni cynique, ni naïf. Il sait que le combat pour un audio de qualité est difficile, que le format long demande du temps, de l’argent et de la passion. Mais il avance, porté par une conviction simple : nous avons besoin d’histoires, pas de contenus. Et surtout, nous avons besoin de les entendre longtemps, profondément, dans nos têtes et dans nos cœurs. "Ce n’est pas qu’un outil, l’audio. C’est un lien. Un fil invisible entre les êtres. Et c’est ce fil que je veux renforcer".
Retrouvez l'interview intégrale dans Alors là Chapeau en anglais ICI.



















