Les Indés Radios : cap sur le digital

Rédigé par le Mercredi 8 Août 2018 à 08:57 | modifié le Mercredi 8 Août 2018 à 09:02



Le groupement d’intérêt économique (GIE) réunissant plus de 130 radios, essentiellement locales et régionales et thématiques, multiplie les initiatives pour défendre sa position de première audience radio de France : application mobile, plateforme web en marque blanche et maintenant sur les assistants vocaux. Comment Les Indés Radios relèvent le défi du digital, que ce soit sur l’audience ou les revenus publicitaires.


Les Indés radios s'appuient sur Radio King
Les Indés radios s'appuient sur Radio King

En créant Les Indés Radios il y a 25 ans, une poignée de patrons de radios locales ont cru qu’un avenir commun était possible, autour d’une offre publicitaire unique, tout en gardant une véritable indépendance capitalistique. Un quart de siècle plus tard, le GIE est devenu une référence jalousée par d’autres médias, comme les télévisions locales qui n’ont jamais réussi à reproduire une telle performance. Avec 83,5 millions d’euros de recettes publicitaires en 2017, générés par la régie commune confiée à TF1, les 131 stations membres des Indés Radios peuvent se vanter de disposer d’une vraie force de frappe financière. L’étape suivante a été de construire un véritable outil commun autour du numérique. Si certaines radios propriétés de groupes puissants avaient les moyens de développer leurs propres supports digitaux, d’autres, plus modestes, étaient avides de nouveaux outils. L’application pour smartphone "Le Mur du Son", développée par Alexandre Aubry, responsable des projets digitaux aux Indés Radios, a permis, de façon originale, de proposer une seule plateforme réunissant de manière particulièrement originale avec une agrégation par titres musicaux toute la diversité de l’offre. 

​ Une plateforme commune

"Sur le digital, notre objectif est clairement de reproduire le succès de la FM", souligne Yann Legarson, responsable du marketing digital aux Indés Radios. Arrivé en 2015 de la filiale digitale de Tendance Ouest, sa feuille de route a été très claire : trouver des solutions pour mutualiser les moyens et développer une offre ambitieuse "qui tienne la route économiquement et techniquement". "Quand je suis arrivé, nous avions quelques bases communes, mais avec des dizaines de prestataires. L’une de mes premières missions a été de bâtir une plateforme commune à proposer aux adhérents." RadioKing, solution clé en main pour les radios sur le digital, a été chargé de construire cette offre, en fournissant une plateforme en marque blanche, une sorte de canevas, mise à disposition des stations à un coût réduit, l’hébergement étant assuré par un autre prestataire. "Aujourd’hui, près de 70 stations utilisent cette solution, soit plus de la moitié. Certaines souhaitent conserver leurs ressources internes, mais nous tablons sur 80 à 90 stations à terme." Même politique pour les applications, où la société AllInMedia propose le même type d’offres. Parallèlement, Les Indés Radios travaillent sur d’autres plateformes de diffusion, comme sur le système d’enceinte propriétaire Sonos sur lequel une application Les Indés Radios a été lancée au printemps, mais également sur les assistants vocaux (lire par ailleurs). "Nos radios seront présentes partout où se trouve notre audience actuelle et future."

Une offre publicitaire

La prochaine étape sera le lancement d’une offre publicitaire sous forme de "pre-roll" et "mid-roll" audio. Pour cela, Les Indés Radios s’appuieront sur l’expertise de TF1 Publicité qui accompagne le groupement sur la FM depuis 2009. L’objectif est très clair : Les Indés Radios ne veulent pas laisser filer les revenus publicitaires sur le digital aux GAFA.
" Nos radios seront présentes partout où se trouve notre audience actuelle et future."

Le casse-tête des assistants vocaux

Les assistants vocaux envahissent le marché et constituent une vraie opportunité pour les acteurs de l’audio, à commencer par les radios. Face à des millions de stations, comment les radios locales peuvent-elles se faire une place sur les Google Home, Amazon Echo et Apple HomePod ? Lorsque vous demandez à votre enceinte de diffuser une radio, c’est le service américain TuneIn qui se lance, avec plus ou moins d’efficacité. "TuneIn est un service opaque. Or, nous souhaitons maîtriser au maximum nos canaux de diffusion pour préserver notre indépendance", regrette Yann Legarson. "Avec Alexandre Aubry, nous discutons en direct avec Google et Amazon pour intégrer nos stations directement sans intermédiaire. Notre prestataire AllInMedia travaille sur l’intégration. Nous avons 131 marques de radios puissantes implantées partout en France. Notre offre est unique. Elle constitue un vrai plus pour les utilisateurs de ces services. Nous pensons arriver à nos fins rapidement sur l’ensemble des plateformes."

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François QUAIREL
Journaliste médias à La Lettre Pro de la Radio, coordinateur de la rédaction à Paris, diplômé... En savoir plus sur cet auteur

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