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La crise sanitaire impacte fortement les journalistes

Rédigé par le Mardi 29 Mars 2022 à 06:50 | modifié le Mardi 29 Mars 2022 à 06:45



Selon l’étude, réalisée auprès de 1 500 journalistes français en février 2022 par l’agence de communication Oxygen, la pandémie et les confinements successifs ont eu des conséquences notables sur le quotidien des journalistes : 49% des journalistes interrogés ont ressenti un isolement social et 44% mentionnent un impact mental négatif.


La crise sanitaire impacte fortement les journalistes

L’isolement social arrive ainsi en tête pour 49% des répondants ; même si pour certains le télétravail augmente la productivité, pour d’autres la dématérialisation des relations et l’absence d’interaction au sein des rédactions ont rendu plus compliqué l’accès à l’information et ont entraîné une "tunnelisation des esprits sur les sujets Covid qui a empêché de traiter d’autres sujets intéressants et importants". La charge de travail intense (45%) et l’impact négatif sur la santé mentale (44%) sont également largement cités, souvent dus à un accroissement des amplitudes horaires, des effectifs mobilisés 7j/7 pour certaines rédactions et des difficultés à déconnecter des outils de travail en ligne.

Certains journalistes ont également mis en avant leurs difficultés à effectuer leurs missions quotidiennes et 47% des sondés ont fait face à une activité réduite avec une "impossibilité de réaliser des reportages et d’avoir accès à la matière nécessaire à la rédaction d’articles". S’ajoutent à cela des difficultés financières puisqu’un tiers des journalistes a vu son salaire diminuer depuis le début de la pandémie (28.57%).

Une exposition aux fake news supérieure à la moyenne

Le journaliste n’a jamais été autant exposé aux fake news que durant la pandémie. C’est en tout cas ce qu’affirment 65% des répondants, avec un tiers des journalistes qui déclarent y avoir été confrontés plusieurs fois par jour. Les sources principales de désinformation sont les médias d’information considérés comme propagandistes ou fortement partisans (77%), les citoyens ordinaires, mal informés et ne vérifiant aucune source (cités par deux tiers des journalistes), ainsi que les "trolls" (à hauteur de 55%). De façon générale, la prolifération des fake news est amplifiée par les réseaux sociaux et cela se confirme puisque Facebook est cité par 82% des journalistes, suivi par Twitter pour 46%. Les journalistes ont donc dû lutter quotidiennement contre cette “infodémie” en investiguant ardemment et en vérifiant scrupuleusement leurs sources.

Les journalistes et leurs employeurs : une relation mitigée

Lors de cette période, de nombreuses aides ont été mises en place par l’État, mais qu’en est-il du côté des rédactions, elles aussi durement touchées économiquement ? Selon l'enquête, plus de 60% des journalistes interrogés estiment n’avoir reçu aucune aide de la part de leurs employeurs. Cependant, des points positifs existent, puisqu’une partie des employeurs ont proposé à leurs salariés des horaires flexibles permettant de s’occuper des enfants tout en travaillant. Les rédactions ont également délivré des lignes directrices pour aider à couvrir la pandémie ainsi que des conseils psychologiques, comme l’ont cité certains journalistes. La solidarité entre journalistes s’est aussi accrue puisqu’ils ont pu compter sur leurs pairs pour "se  soutenir entre collègues".

Les pigistes particulièrement touchés

Parmi les journalistes, les pigistes ont été particulièrement mis à mal durant la crise. En effet, ils ont été écartés de bien des médias avec lesquels ils collaborent habituellement, suite aux restrictions budgétaires dans les rédactions. Sans réunion de travail et sans conférence de presse, l’isolement a été total pour eux Étant indépendants, et dû à cette perte d’activité, ils ont fait face à une baisse de revenus qu’ils n’ont pour la plupart pas pu compenser par la prime Macron selon les pigistes interrogés. Cela pose la question du statut des pigistes au sein des rédactions dans une industrie qui fait de plus en plus appel à eux.

Une profession déjà soumise à des pressions

"Comme l’actualité nous le confirme encore, sans une presse en bonne santé, point de démocratie. Les journalistes ont accompagné les Français durant toute la pandémie pour tenter de les informer au mieux dans un contexte assez inédit durant lequel les "vérités" scientifiques et les décisions de l’exécutif se sont révélées pour le moins mouvantes" a commenté Alexis Noal, responsable de l’enquête chez l’agence Oxygen. "À cette difficulté se sont ajoutées les contraintes liées aux confinements et au contexte sanitaire et nous voyons à travers cette étude que les conséquences que cela a pu avoir sur cette profession déjà soumise à des pressions organisationnelles et budgétaires fortes".


Frédéric Brulhatour
Brulhatour est le rédacteur en chef du magazine La Lettre Pro de la Radio et le directeur associé... En savoir plus sur cet auteur

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