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Bonnes vacances !

Je vous le dis et je vous le répète depuis près de dix ans : les vacances sont faites pour se reposer, s'aérer l'esprit et décompresser. À ceci près que, cet été, ces grandes vacances ont un goût très particulier, après plus de trois mois d'une crise qui n'a absolument pas dit son dernier mot. Un goût particulier parce que l'on ne sait absolument pas ce que la rentrée nous réserve, ni de qui ou de quoi les prochains mois seront le nom. Consolons-nous en nous rappelant que la radio a su par le passé s'adapter. Elle le sait toujours et le saura encore longtemps.

Vous le savez, ce n'est pas le genre de la maison de tirer sur l'ambulance ou de donner des conseils aux uns et aux autres parce que "nul conseil n'est plus loyal que celui qui se donne sur un navire en péril". Néanmoins, pour cette nouvelle saison, ne soyez ni pessimiste ni optimiste car il s'agit, dans ces deux cas, de deux attitudes de spectateur. Vous n'aurez pas le droit d'être ce spectateur durant les 12 prochains mois. Vous devrez retrousser vos manches, tenir la barre, maintenir le cap, quoi qu'il arrive. C'est maintenant qu'il faut sonner le branle-bas !

Aux Éditions HF, nous avons orienté les voiles vers cette nouvelle saison et nous veillons au grain : cinq dates pour le RadioTour avant la fin de l'année à Paris, Nancy, Nice, Montpellier et Rennes. Le lancement d'un magazine international en langue anglaise sur l'actualité de la radio et de l'audio, une nouvelle édition du Salon de la Radio et de l'Audio Digital ainsi que plusieurs événements festifs en 2021 pour célébrer les 100 ans de la radio et les 40 ans de la FM.
En 2021, enfin, nous fêterons les 10 ans de La Lettre Pro de la Radio. C'est une des fiertés de la maison. Une aventure délicieuse et rayonnante. Promis, on vous gardera une part du gâteau parce qu'à travers cette décennie, c'est d'abord vous qu'il faut remercier.
 

Brulhatour
 


Un joli mois de mai dans les radios

Monsieur Radio


Lundi 14 Mai 2018


Pas de piquet de grève aux portes des studios. Pas de grève perlée dans les programmes. Aucun préavis de grève en vue… Même pas une p'tite revendication. Même pas un début de p'tite grogne des CDDU. Franchement, les gars, si vous continuez comme ça, on va croire que vous êtes définitivement, derrière votre micro, les rois du pétrole.




 

Vous la sentez la bonne odeur du barbecue syndical ? Mais non, ce n’est pas une image d’Épinal. Le barbecue, c’est un peu le lieu de convergence des luttes communes portées par vos collègues. Le quartier général de la revendication installé devant vos studios. Comment ? Entre deux merguez, vous n’avez rien à exiger ? Une augmentation ? Un 13e mois ? Des titres-restaurant ? Une participation aux bénéfices ? Une 6e semaine de congés ? Mince alors… Des chèques-cadeaux ? Des indemnités kilométriques ? Un CDI en lieu et place de votre CDDU ? Non plus ? Attention, Monsieur Radio est très clair : inutile de tirer sur votre collègue du matin qui marge à plus de 50 k€ par mois et dont la seule préoccupation du moment est de savoir si la villa qu’il vient de louer à Rhodes pour l’été prochain disposera d’un spa digne de ce nom.

Les smicards provinciaux

Non, mais alors, les gars, faut arrêter de vous plaindre seulement quand votre patron tourne les talons pour redémarrer son Porsche Cayenne. La précarité à la radio, ça vous parle ? On en parle ? Vous qui êtes jeunes, donc corvéables à merci, et ça vaut aussi pour les plus âgés qui le deviennent même dans le service public, vous pouvez affirmer que tout va bien ? Vous, les auto-entrepreneurs à 1 euro le speak, vous les stagiaires au long cours, vous les smicards provinciaux du micro, vous les services civiques, bons à tout faire, dans les associatives. Vous et vos années d’ancienneté, obligés de ne surtout pas, ou plus, compter vos heures sous prétexte que la radio, "c’est une passion, voire une chance dans une vie, mon coco", vous qui, dorénavant, devez aussi faire vivre les réseaux sociaux en même temps que vous animez. Une p’tite photo par ici, un p’tit texte par là… "Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort." C’est pas beau le progrès ?

Head of revendication

Alors, au lieu d'accepter de travailler le 1er janvier, le 8 mai, le jeudi de l'Ascension, le lundi de Pentecôte, le jour de l'Assomption, le 11 novembre ou le 25 décembre, comme si de rien n'était, histoire de vivre finalement des jours sans saveur, au lieu de dire oui à l’installation d’un baby-foot et de Mario Kart sur un grand écran dans votre bureau, histoire de vous lobotomiser davantage avant de reprendre le micro, pensez donc à un bon barbecue. Pensez aux beaux jours qui s’y prêtent. Pensez à vous.
Frédéric Brulhatour
Brulhatour est le rédacteur en chef du magazine La Lettre Pro de la Radio et le directeur associé... En savoir plus sur cet auteur



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