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Qu'est-c'qu'on a fait des tuyaux ?

Le samedi 12 octobre, M6 Groupe était victime d’une attaque informatique malveillante. Les auditeurs de RTL, Fun Radio et RTL2 ne s’en sont pas aperçus mais dans les bureaux, on a vite déclenché le plan ORSEC. Des bruits de couloir, démentis par la direction, ont même fait état d’une demande de rançon de la part de hackers. Personne n'a eu accès à ses mails et personne n'a eu le droit d'ouvrir son ordinateur pendant de très longues heures.
 
Plus récemment, c’est une fibre sectionnée à Radio France qui a entraîné toute une série d’incidents : plus de streams, plus de podcasts, plus d’articles sur les sites, plus de flashes et plus de chroniques pour les radios abonnées à la banque de programmes Sophia. "Cela nous conduit à imaginer d’autres chemins pour que notre offre numérique soit résiliente dans ce genre de situations", a expliqué sur son compte Twitter le patron du numérique et de la production à Radio France.
 
Faut-il s’attendre à d’autres incidents de ce type ? On peut le craindre. C’est pourquoi, dans l’ombre, les radios anticipent et envisagent désormais des scénarios de moins en moins improbables, comme la prise d’otage totale d’un signal.  
À la radio, comme ailleurs, ces dernières années ont marqué un tournant dans la façon de fabriquer et de diffuser des contenus. On se repose volontiers sur le "tout numérique". C’est certes plus rapide et plus confortable mais on en a oublié l’essentiel : toujours garder une poire pour la soif et maîtriser l’ensemble de sa chaîne de production et de diffusion. Aujourd’hui, un accès mal protégé ou la simple rupture d’une fibre et vous vous retrouvez le bec dans l’eau. C’est encore un challenge, un de plus, onéreux mais indispensable, auquel les radios doivent faire face pour en ce début de ce XXIe siècle.
 

Brulhatour
 


Un joli mois de mai dans les radios

Monsieur Radio


Lundi 14 Mai 2018


Pas de piquet de grève aux portes des studios. Pas de grève perlée dans les programmes. Aucun préavis de grève en vue… Même pas une p'tite revendication. Même pas un début de p'tite grogne des CDDU. Franchement, les gars, si vous continuez comme ça, on va croire que vous êtes définitivement, derrière votre micro, les rois du pétrole.




 

Vous la sentez la bonne odeur du barbecue syndical ? Mais non, ce n’est pas une image d’Épinal. Le barbecue, c’est un peu le lieu de convergence des luttes communes portées par vos collègues. Le quartier général de la revendication installé devant vos studios. Comment ? Entre deux merguez, vous n’avez rien à exiger ? Une augmentation ? Un 13e mois ? Des titres-restaurant ? Une participation aux bénéfices ? Une 6e semaine de congés ? Mince alors… Des chèques-cadeaux ? Des indemnités kilométriques ? Un CDI en lieu et place de votre CDDU ? Non plus ? Attention, Monsieur Radio est très clair : inutile de tirer sur votre collègue du matin qui marge à plus de 50 k€ par mois et dont la seule préoccupation du moment est de savoir si la villa qu’il vient de louer à Rhodes pour l’été prochain disposera d’un spa digne de ce nom.

Les smicards provinciaux

Non, mais alors, les gars, faut arrêter de vous plaindre seulement quand votre patron tourne les talons pour redémarrer son Porsche Cayenne. La précarité à la radio, ça vous parle ? On en parle ? Vous qui êtes jeunes, donc corvéables à merci, et ça vaut aussi pour les plus âgés qui le deviennent même dans le service public, vous pouvez affirmer que tout va bien ? Vous, les auto-entrepreneurs à 1 euro le speak, vous les stagiaires au long cours, vous les smicards provinciaux du micro, vous les services civiques, bons à tout faire, dans les associatives. Vous et vos années d’ancienneté, obligés de ne surtout pas, ou plus, compter vos heures sous prétexte que la radio, "c’est une passion, voire une chance dans une vie, mon coco", vous qui, dorénavant, devez aussi faire vivre les réseaux sociaux en même temps que vous animez. Une p’tite photo par ici, un p’tit texte par là… "Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort." C’est pas beau le progrès ?

Head of revendication

Alors, au lieu d'accepter de travailler le 1er janvier, le 8 mai, le jeudi de l'Ascension, le lundi de Pentecôte, le jour de l'Assomption, le 11 novembre ou le 25 décembre, comme si de rien n'était, histoire de vivre finalement des jours sans saveur, au lieu de dire oui à l’installation d’un baby-foot et de Mario Kart sur un grand écran dans votre bureau, histoire de vous lobotomiser davantage avant de reprendre le micro, pensez donc à un bon barbecue. Pensez aux beaux jours qui s’y prêtent. Pensez à vous.
Frédéric Brulhatour
Brulhatour est le rédacteur en chef du magazine La Lettre Pro de la Radio et le directeur associé... En savoir plus sur cet auteur



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