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Suisse : les radios remplissent leur mission à quelques exceptions près

Rédigé par le Mercredi 4 Septembre 2019 à 07:39 | modifié le Mercredi 4 Septembre 2019 à 07:39



En Suisse, la scène radiophonique est toujours aussi diversifiée et vivante. C'est la conclusion de l'Institut de recherche Publicom, qui a été chargé par l'Office fédéral de la communication (OFCOM) d'examiner, en 2018, les programmes des radios de la SSR dans la région francophone ainsi que de toutes les radios locales titulaires d'une concession.



Toutefois, les analyses révèlent également des faiblesses: pour les radios de la RTS, il s'agit de prestations trop modestes dans les reportages sur les autres régions linguistiques et certaines radios locales d'un faible niveau d'information régionale. Des conclusions qui s'appuient sur deux nouvelles études, qui mettent en lumière les programmes des radios de la RTS et des radios locales titulaires d'une concession dans toutes les régions linguistiques, études dévoilées à l'occasion du Swiss RadioDay à Zurich, le 29 août dernier.
Publicom a donc rendu une évaluation fondamentalement positive des 4 radios de service public de la RTS (La 1ère, Espace 2, Couleur 3, Option Musique). Selon son analyse, l'information y est très diversifiée, en particulier sur La 1ère. Outre les thèmes politiques, les thèmes culturels bénéficient d'une très haute priorité.

En revanche, les thèmes sportifs et économiques sont moins présents. Les différents acteurs et opinions sont représentés de manière équilibrée. Toutefois, lorsqu'il s'agit de positions controversées dans un contexte thématique, les différents programmes RTS sont très différents.


Peu d'informations sur les autres régions linguistiques

Le mandat d'intégration confié à la SSR exige que la RTS couvre également les événements qui se produisent dans les autres régions linguistiques. Sur ce point, les radios de la RTS stagnent: en moyenne, elles ne consacrent que 6% de leur temps d'information aux autres régions linguistiques. Si les reportages portent sur une autre région, il s'agit presque toujours de la Suisse alémanique. La Suisse italienne est largement ignorée, écrit Publicom. Comme les années précédentes, la France attire davantage l'attention que les autres régions linguistiques. Suite à des analyses antérieures, le Conseil fédéral a entretemps considérablement durci les dispositions de la concession relatives à la couverture d'autres régions linguistiques. La nouvelle concession est en vigueur depuis le 1er janvier 2019. La prochaine étude montrera si elle produit des effets.

Des informations "diversifiées et factuelles" sur les radios locales

Le mandat en matière de programmes attribué aux radios locales titulaires d'une concession se limite à six heures dans les temps de grande audience. Il exige avant tout la fourniture de prestations d'information locales et régionales diversifiées et pertinentes. Publicom arrive à la conclusion que les radios locales suisses fournissent en effet un large éventail d'informations. Les informations sur la politique, la société, la culture et le sport jouent un grand rôle. Les accents thématiques varient selon les régions linguistiques. La culture est plus importante sur les radios locales de Suisse romande que des autres régions linguistiques.
En règle générale, les radios locales diffusent des informations basées surtout sur des faits. Cela signifie que, contrairement aux radios de la SSR, elles ne mettent pas beaucoup les événements en perspective et apportent moins d'angles de vue différents sur un sujet. Par conséquent, elles utilisent rarement des formes élaborées de production journalistique et transmettent l'information principalement par le biais de communications, de prises de position et de comptes rendus. Toutefois, il existe des exceptions: Certaines radios - comme Radio Lac, Radio Chablais ou Radio 1 – exploitent diverses formes de présentation journalistique. Elles offrent ainsi à leur public plus de prestations d'orientation que d'autres radios locales.

Stimuler le débat public sur les prestations

Les deux études (disponibles ICI et ICI) ont été réalisées par l'Institut Publicom, sur mandat de l'OFCOM, et se réfèrent à une semaine artificielle de 2018. Elles font partie d'un programme de recherche qui recourt à des méthodes scientifiques pour observer en continu les programmes des radios et télévisions suisses avec une concession ou un mandat de prestations. La publication des analyses scientifiques vise à stimuler le débat public sur les prestations en matière de programmes fournies en Suisse par les radios et télévisions.
Rappelons que les concessions de diffusion actuelles des radios locales expirent fin 2019. Le DETEC les prolonge sur demande jusqu'en 2024. Pour cette phase, il en a précisé certaines dispositions. Par exemple, le mandat en matière de programme des radios locales commerciales comprend maintenant un minimum de 30 minutes d'information régionale par jour.



Frédéric Brulhatour
Brulhatour est le rédacteur en chef du magazine La Lettre Pro de la Radio et le directeur associé... En savoir plus sur cet auteur

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