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Speed consulting - Micro-trottoir : un “gloubi-boulga répugnant” €



Quoi ? Le micro-trott', avec son catalogue de clichés, de banalités, de contresens, serait réservé à la télé ? Vous rigolez ? Ces passants, rassemblés pour des raisons troubles mais dramatiques sur les grandes places de nos capitales européennes et dont nos grandes antennes nous ont gavés ces temps-ci en sont le plus bel exemple. Qu'ont-ils à dire d'essentiel (ou que nous soyons capables, nous autres professionnels, de mettre en valeur) ? Où est l'exemplarité de leur discours ? En quoi leur pathos personnel, qu'ils ne savent pas comment exprimer autrement que par ce besoin justement de se retrouver entre inconnus pourtant soudés autour de ce que le cliché nomme "valeurs", en quoi ce sentiment flou et grégaire nous donne-t-il de la bonne radio ?
Le micro-trottoir, le plus souvent, c'est demander à quelqu'un qui ne connaît pas un sujet d'en parler à ceux que ça n'intéresse pas. Dans un journal au timing forcément compté, c'est du temps volé à du vrai contenu, à de la vraie valeur ajoutée, c'est aussi confisquer au journaliste qui voudrait ne pas faire que relater des faits à chaud, sa possibilité de recul, de mise en perspective et d'explication, de ce dont les auditeurs ont aussi besoin.
Le micro-trottoir, c'est du remplissage grossier, une insulte faite aux auditeurs, c'est tout ce gloubi-boulga répugnant que les industriels rajoutent dans les plats industriels pour les alourdir.
À l'heure où les rédactions fusionnent pour plus de rentabilité, c'est la qualité qui fera la différence. Soyons donc exigeants : nos auditeurs méritent mieux que ça car nous aurons les auditeurs que nous méritons.
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Speed consulting - Micro-trottoir : un “gloubi-boulga répugnant”
Rédigé le Mardi 5 Avril 2016