Le bon début du DAB

Coup de théâtre dans l’industrie radiophonique française. Le 21 novembre, Journée mondiale de la télévision, ironie du sort, la radio prenait un nouveau cap : celui du DAB avec l’officialisation de l’entrée sur ce nouveau marché des grands groupes français. Ce DAB, c’est un peu un Distributeur Automatique de Bonnes ondes.
Une offre radiophonique enrichie, un confort d’écoute, des données associées… Tout cela sans comparaison avec l’actuelle modulation de fréquence qui, avec le développement du DAB, vit probablement sa dernière décennie au service des auditeurs. Reste à réfléchir désormais aux modalités de son éventuelle extinction. Car le double coût FM/DAB sera certainement très difficile à supporter sur le long terme y compris pour les grands groupes.
Le DAB, c’est aussi une bouffée d’oxygène financière pour celles et ceux qui œuvrent quotidiennement dans l’ombre pour motoriser la radio. Des intégrateurs aux diffuseurs, des installateurs aux programmateurs… qui voient se dessiner devant eux de nouveaux marchés.
Le DAB, c’est également pour les professionnels du micro une occasion inespérée de se réapproprier la radio. Probablement une opportunité pour la réinventer avec un objectif : produire des contenus de qualité en adéquation avec les nouveaux comportements d’écoute.
Le DAB, c’est finalement ce qui manquait à la radio d’aujourd’hui pour devenir la radio de demain. Un cadeau avant Noël.

Brulhatour
 

L’étude qui peut faire bouger les choses

PERCEPTION



Lundi 14 Mai 2018


À l’heure où l’exécutif va se pencher sur la réforme de l’audiovisuel, l’étude lancée par le SIRTI, conjointement avec l’IFOP, fait figure d’argument de poids : l’écoute de la radio reste une pratique très ancrée dans l’hexagone tout comme l’accès à la radio qui demeure un droit universel. Son président, Alain Liberty, analyse, pour la Lettre Pro de la Radio, les résultats. Et trace quelques perspectives.


 

Alain Liberty se réjouit de cette enquête. Crédit : Radio Scoop
Alain Liberty se réjouit de cette enquête. Crédit : Radio Scoop
C’est quasiment comme une carte joker. Un atout majeur dans le jeu des radios indépendantes. L’étude quantitative autour de l’attachement des Français à la radio, lancée entre le 7 et le 12 mars derniers et dont les résultats ont été dévoilés, résonne comme un argument de poids. "Cette idée de commander une enquête germait depuis plusieurs mois", avance Alain Liberty, le président du Syndicat des radios indépendantes. "C’était l’occasion de rappeler à l’ensemble de nos interlocuteurs, qu’ils soient politiques ou musicaux, la place de la radio en France. Cette étude nous sert de référence désormais." D’autant plus que les résultats "sont au-delà de (nos) espérances", se réjouit Liberty qui déplorait en préambule cependant : "La radio reste le premier prescripteur de l’industrie musicale, mais elle est le média le moins estimé…" À travers cette étude, le SIRTI voulait rappeler l’importance et l’appétence de la radio dans le cœur de la population française. Et les chiffres sont éloquents ! Pour 94% des interrogés, l’accès à la radio doit d’ailleurs être un droit universel, et tout le monde doit pouvoir en bénéficier. "Les gens sont vraiment attachés à ce média, et ils n’hésitent pas à le dire", s’enthousiasme Alain Liberty. Autre élément important à ressortir : l’anonymat que garantit l’écoute de la radio ; pour 88% des sondés, la protection des données personnelles est primordiale. "C’est un sujet d’actualité surtout avec ce qui vient de se passer chez Facebook", enchaîne le patron du syndicat.
 

Sur le bureau de la ministre de la Culture

Au moment de l’audition du patron du premier réseau social devant le Congrès américain, ça compte, forcément. Désormais, Liberty et ses équipes vont se charger de faire passer quelques messages. Si l’étude a déjà été envoyée à la ministre de la Culture, le SIRTI prépare son grand oral, devant la commission chargée de la réforme de l’audiovisuel à l’Assemblée nationale. Qui est prévu fin mai. "J’avais déjà rencontré la députée Aurore Bergé lors d’une table ronde. Elle avait été très sensible à toutes ces questions et nous avons eu une oreille très attentive", enchaîne Alain Liberty. Ce dernier en profitera sûrement pour tracer quelques perspectives et faire part de plusieurs inquiétudes : "Au SIRTI, on est pour la technologie et toutes les améliorations digitales. Mais il y a de nombreuses questions qui restent en suspens : l’arrivée des voitures connectées avec Carplay et GooglePlay. Prenez les postes de radio actuels. Ils ne sont quasiment plus équipés d’un lecteur CD et l’industrie du disque s’était fait surprendre. Donc rien ne nous garantit que ces nouvelles voitures puissent accueillir toujours la radio en FM…", s’interroge Alain Libery. Une raison de plus, au moment des négociations qui s’annoncent forcément âpres, de sortir du chapeau cette fameuse étude. Celle qui pourrait changer pas mal de choses dans le monde radiophonique. Mais aussi d’avancer sur d’autres propositions : le SIRTI planche sur un livre blanc qui intégrera les mesures à prendre pour que la prochaine loi sur l’audiovisuel donne toutes les garanties au média radio pour être traité sur un pied d’égalité avec les acteurs du numérique.
"Aurore Bergé, députée, a une oreille attentive sur tous ces sujets…"

Première bougie pour Liberty

1 an déjà. "J’attends le gâteau d’anniversaire d’autant plus que pour une fois, il n’y aura pas beaucoup de bougies, donc tant mieux (rires)." Alain Liberty fêtera, début juin, sa première année à la tête du Syndicat des radios indépendantes (SIRTI). Pour quel bilan ? "Je suis satisfait du travail réalisé jusque-là d’autant plus que j’ai bénéficié de celui de mes prédécesseurs. Nous avons travaillé de manière très active pour renforcer notre relation avec l’ensemble de nos adhérents et pour être plus à l’écoute de leurs préoccupations", poursuit celui qui dirige en parallèle la radio régionale Scoop. "J’ai vraiment envie d’insister sur l’expérience humaine que j’ai vécue depuis un an. J’ai rencontré plein de gens des radios que je ne faisais que saluer lors de salons ou autres…" L’ensemble de la rédaction de la Lettre Pro de la Radio lui souhaite, un peu en avance, un joyeux anniversaire.
 
 

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Tél. : 01 45 43 80 05
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