Édito 102 : des promesses, des promesses…

Ce mois de juillet dans une saison radiophonique, c’est un peu comme le mois de décembre dans le calendrier chrétien. Beaucoup parlent d’ailleurs de "la fin de l'année" alors qu’il conviendrait plutôt d’évoquer "la fin de la saison". Alors certes, en cette période estivale déjà bien entamée, on ne voit pas de sapins de Noël, mais on entend finalement partout les bonnes résolutions que les uns et les autres veulent prendre pour lancer la prochaine saison.

Une bonne audience dépend généralement d’une bonne stabilité de grille. Mais, comme toujours, deux camps s’affrontent. Ceux qui modifient à doses homéopathiques les programmes de la future saison et ceux qui jouent aux bulldozers. À Europe 1, on fait encore table rase de la saison passée, on recasse tout et on recommence. C’est devenu une habitude, une sorte de rocher de Sisyphe pour les anciens, les actuels et, craignons-le, pour les futurs dirigeants. Europe 1 deviendra-t-elle le tonneau des Danaïdes de Lagardère ?

Chez Médiamétrie, on prend son temps. Doucement mais sûrement, la nouvelle mesure d’audience de la radio en France attendue depuis des mois, voire des années maintenant, technologie basée sur le watermarking, sera dès le mois de septembre croisée avec les données de 126 000 Radio, méthode déclarative qui, tout le monde s’accorde à le dire, a fait son temps. L’audimètre RateOnAir est déjà testé en conditions réelles dans 3 régions françaises. La bascule devrait logiquement intervenir après le mois de février 2019. Nul doute que l’on se fera un plaisir de comparer les deux méthodes et, surtout, les résultats.

Enfin, ce mois de juillet marque, pour beaucoup, le début d’un temps de repos nécessaire et forcément mérité, et notamment pour l’équipe de La Lettre Pro de la Radio. Durant cette saison qui s’achève, le site lalettre.pro a été alimenté durant 51 semaines sur 52 par plus de 2 500 publications partageant toutes un même point commun : l’intérêt de la radio dans un environnement qui change vite. Tellement vite que la saison 2018-2019, qui débutera dans quelques semaines, promet d’être particulièrement excitante.

Comme cette période de vacances qui s’ouvre.

Alors, bonnes vacances !

Brulhatour
 

L’étude qui peut faire bouger les choses

PERCEPTION



Lundi 14 Mai 2018


À l’heure où l’exécutif va se pencher sur la réforme de l’audiovisuel, l’étude lancée par le SIRTI, conjointement avec l’IFOP, fait figure d’argument de poids : l’écoute de la radio reste une pratique très ancrée dans l’hexagone tout comme l’accès à la radio qui demeure un droit universel. Son président, Alain Liberty, analyse, pour la Lettre Pro de la Radio, les résultats. Et trace quelques perspectives.


 

Alain Liberty se réjouit de cette enquête. Crédit : Radio Scoop
Alain Liberty se réjouit de cette enquête. Crédit : Radio Scoop
C’est quasiment comme une carte joker. Un atout majeur dans le jeu des radios indépendantes. L’étude quantitative autour de l’attachement des Français à la radio, lancée entre le 7 et le 12 mars derniers et dont les résultats ont été dévoilés, résonne comme un argument de poids. "Cette idée de commander une enquête germait depuis plusieurs mois", avance Alain Liberty, le président du Syndicat des radios indépendantes. "C’était l’occasion de rappeler à l’ensemble de nos interlocuteurs, qu’ils soient politiques ou musicaux, la place de la radio en France. Cette étude nous sert de référence désormais." D’autant plus que les résultats "sont au-delà de (nos) espérances", se réjouit Liberty qui déplorait en préambule cependant : "La radio reste le premier prescripteur de l’industrie musicale, mais elle est le média le moins estimé…" À travers cette étude, le SIRTI voulait rappeler l’importance et l’appétence de la radio dans le cœur de la population française. Et les chiffres sont éloquents ! Pour 94% des interrogés, l’accès à la radio doit d’ailleurs être un droit universel, et tout le monde doit pouvoir en bénéficier. "Les gens sont vraiment attachés à ce média, et ils n’hésitent pas à le dire", s’enthousiasme Alain Liberty. Autre élément important à ressortir : l’anonymat que garantit l’écoute de la radio ; pour 88% des sondés, la protection des données personnelles est primordiale. "C’est un sujet d’actualité surtout avec ce qui vient de se passer chez Facebook", enchaîne le patron du syndicat.
 

Sur le bureau de la ministre de la Culture

Au moment de l’audition du patron du premier réseau social devant le Congrès américain, ça compte, forcément. Désormais, Liberty et ses équipes vont se charger de faire passer quelques messages. Si l’étude a déjà été envoyée à la ministre de la Culture, le SIRTI prépare son grand oral, devant la commission chargée de la réforme de l’audiovisuel à l’Assemblée nationale. Qui est prévu fin mai. "J’avais déjà rencontré la députée Aurore Bergé lors d’une table ronde. Elle avait été très sensible à toutes ces questions et nous avons eu une oreille très attentive", enchaîne Alain Liberty. Ce dernier en profitera sûrement pour tracer quelques perspectives et faire part de plusieurs inquiétudes : "Au SIRTI, on est pour la technologie et toutes les améliorations digitales. Mais il y a de nombreuses questions qui restent en suspens : l’arrivée des voitures connectées avec Carplay et GooglePlay. Prenez les postes de radio actuels. Ils ne sont quasiment plus équipés d’un lecteur CD et l’industrie du disque s’était fait surprendre. Donc rien ne nous garantit que ces nouvelles voitures puissent accueillir toujours la radio en FM…", s’interroge Alain Libery. Une raison de plus, au moment des négociations qui s’annoncent forcément âpres, de sortir du chapeau cette fameuse étude. Celle qui pourrait changer pas mal de choses dans le monde radiophonique. Mais aussi d’avancer sur d’autres propositions : le SIRTI planche sur un livre blanc qui intégrera les mesures à prendre pour que la prochaine loi sur l’audiovisuel donne toutes les garanties au média radio pour être traité sur un pied d’égalité avec les acteurs du numérique.
"Aurore Bergé, députée, a une oreille attentive sur tous ces sujets…"

Première bougie pour Liberty

1 an déjà. "J’attends le gâteau d’anniversaire d’autant plus que pour une fois, il n’y aura pas beaucoup de bougies, donc tant mieux (rires)." Alain Liberty fêtera, début juin, sa première année à la tête du Syndicat des radios indépendantes (SIRTI). Pour quel bilan ? "Je suis satisfait du travail réalisé jusque-là d’autant plus que j’ai bénéficié de celui de mes prédécesseurs. Nous avons travaillé de manière très active pour renforcer notre relation avec l’ensemble de nos adhérents et pour être plus à l’écoute de leurs préoccupations", poursuit celui qui dirige en parallèle la radio régionale Scoop. "J’ai vraiment envie d’insister sur l’expérience humaine que j’ai vécue depuis un an. J’ai rencontré plein de gens des radios que je ne faisais que saluer lors de salons ou autres…" L’ensemble de la rédaction de la Lettre Pro de la Radio lui souhaite, un peu en avance, un joyeux anniversaire.
 
 

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Tél. : 01 45 43 80 05
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Julian Dupraz est à la tête d'une agence de marketing sportif, COM'1 EMOTION. Il conseille les... En savoir plus sur cet auteur



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