ÉDITO 101 : S'adapter aux nouveaux usages

On ne veut pas jouer les Cassandre, mais il y a fort à parier que les radios qui ne feront pas le choix de cette adaptation aux nouveaux usages débuteront sans le savoir un long cycle de ronronnement avec les conséquences qui vont avec. Les modes de consommation de la radio changent, vite. Jamais ils n’ont d’ailleurs évolué aussi rapidement. Et gare à celles et ceux qui ne s’adaptent pas devant l’offensive des podcasts ou devant l’émergence des nombreuses plateformes qui proposent une offre musicale jusqu’ici jamais vue et jamais entendue…
 
Le champ des possibles est infini. L’horizon presque inconnu. Mais les nouvelles générations semblent prendre une autre direction. Probablement moins formatées à la radio traditionnelle que leurs aînés et prêtes, surtout curieuses, à utiliser de nouveaux outils et à aborder cette nouvelle façon de consommer : où je veux, quand je veux et comme je veux.
Les assistants vocaux ne sont certainement que le début d’une longue histoire. Il faut, coûte que coûte, s’y faire une place. Jouer des coudes et bien plus encore. Le DAB+, l’IP, les flux numériques constituent aussi des leviers de croissance. Il faut y investir, quitte à y laisser quelques plumes ou changer de direction au gré des vents. Mais qui peut affirmer, quand on observe la vitesse à laquelle ces technologies évoluent, que ces nouvelles contrées seront celles où veulent vivre vos auditeurs ?
 
Cette adaptation des auditeurs aux nouveaux usages doit passer obligatoirement par une adaptation des éditeurs. Une nouvelle façon de penser, d’abord la radio et, ensuite, de la fabriquer. C’est un challenge formidable pour les radios françaises et certainement la promesse de nouveaux formats ou de nouveaux contenus pour les auditeurs.
Dans un monde radiophonique qui bouge toujours, qui tangue parfois, vous devez appareiller pour un grand voyage qui sera ponctué par des escales avec leur lot d’avaries et de belles découvertes. Sans le savoir, dans vos studios, vous êtes les Magellan de la radio. Et l’industrie que vous représentez si brillamment, vieille déjà de près d’un siècle, n’en est encore, soyez-en sûr, qu’à ses tout premiers balbutiements.

Brulhatour
 

Comment réaliser une bonne interview radio

CONSEILS



Jeudi 3 Novembre 2016


C’est le format le plus vivant de la radio : l’interview. En direct, en différé, en reportage ou en studio, elle permet de donner la parole à une diversité de personnages : réaction à l’actualité, à un événement, un témoignage ou une opinion dévoilée… Des personnes de la vie de tous les jours à des personnalités politiques ou des dirigeants, tout le monde est logé à la même enseigne. Voici quelques règles incontournables !


#1 Identifier le bon interlocuteur

On dit souvent : "Il n’y a pas de mauvais interviewés, mais que des mauvais intervieweurs !" Néanmoins, le choix d’un bon "client", comme on dit dans le jargon journalistique, permet d’assurer un résultat satisfaisant. Si votre interlocuteur n’est pas le plus à l’aise possible face à un micro, assurez-vous qu’il ait des choses intéressantes à dire en rapport avec le sujet.

#2 Bien se documenter

Une interview réussie est une interview bien préparée. Faites des recherches précises sur le sujet : biographie, articles, déclarations précédentes permettront d’évacuer des questions non essentielles et de montrer à votre interlocuteur que vous maîtrisez le sujet. Cette étape est indispensable et vous permettra de tirer le meilleur de l’interview et de gagner du temps.

#3 Préparez vos questions

Si vous ne devez pas garder votre nez sur vos notes, préparez les premières questions. Pas la peine de rédiger religieusement l’interview, mais le fait de noter quelques points permet d’avoir une trame pour cadrer correctement la discussion. Cela ne doit pas vous empêcher de rebondir sur les réponses de votre interlocuteur.

#4 Mettez à l’aise votre invité

C’est un moment clé qui vous permettra de tirer le meilleur de votre interview. Si l’interviewé n’est pas rompu, il est fort probable qu’il soit un peu stressé par le micro. Rassurez-le et essayez d’instaurer une relation de confiance : non, vous n’êtes pas là pour le piéger ou pour lui faire dire quelque chose qu’il regrettera. Faire un essai de micro en lui demandant de se présenter (hors antenne ou hors enregistrement) est souvent une bonne façon de briser la glace.

#5 À vos questions !

Posez des questions ouvertes, du genre : "pourquoi ou pensez-vous que…" Si votre interlocuteur répond par oui ou par non sans développer, c’est que vous posez des questions trop fermées. Posez une seule question à la fois, écoutez et n’interrompez pas votre interlocuteur par des "d’accord ou ok" : cela polluera votre enregistrement. N’affirmez pas votre position sur le sujet, vous n’êtes pas là pour ça ! Vous devez rester maître de votre interview : coupez (poliment) si la réponse est trop longue et reposez la question si vous n’êtes pas satisfait.

Côté technique

Une interview en reportage répond à certaines règles techniques. Si vous avez le bon interlocuteur et les bonnes questions, la qualité sonore peut rendre votre bon travail non diffusable. Pour cela, vérifiez votre enregistreur avant de partir : niveau de la batterie et quantité de mémoire disponible doivent être surveillés. Pendant l’enregistrement, vérifiez attentivement les niveaux sonores et placez-vous dans un lieu calme, ni trop vaste ni trop confiné. Avant de quitter votre interlocuteur, réécoutez l’enregistrement : mieux vaut recommencer l’interview tant que vous êtes encore sur place !
François QUAIREL
Journaliste à La Lettre Pro de la Radio, responsable du bureau de Paris, formateur en journalisme,... En savoir plus sur cet auteur



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