La Lettre Pro de la Radio & des Médias



France Musique : 1 600 concerts audio et vidéo à voir en replay

Rédigé par le Lundi 3 Septembre 2018 à 07:50 | modifié le Lundi 3 Septembre 2018 à 07:50



Lors de la Conférence de presse de rentrée de Radio France, nous avons été étonnés d’apprendre que France Musique proposait un catalogue de 1 600 concerts audio et vidéo à voir en replay et à écouter en streaming audio haute définition. 1 600 ! C’est énorme.


"Des concerts classiques, symphoniques, de la musique de chambre, du jazz : des spectacles joués à l'Auditorium de la Maison de la radio et dans les plus grandes salles de concert, avec l'Orchestre philharmonique de Radio France, l'Orchestre National de France, ainsi que de nombreux orchestres et solistes internationaux" comme le rappelle le site de France Musique. Nous avons interrogé Marc Voinchet, le directeur de France Musique à ce sujet, cette offre peu mise en valeur et qui pourtant a une énorme valeur. Une offre que les concurrents de France Musique ne peuvent pas proposer.

Marc Voinchet est le directeur de France Musique. il a développé une offre unique de contenus sur le numérique
Marc Voinchet est le directeur de France Musique. il a développé une offre unique de contenus sur le numérique
MV - Le principe des vidéos sur France Musique, c’est que, avec les usages modernes, on a rajouté l’image à la musique. Depuis des années que l’on filme les concerts à l’Auditorium, des vidéos co-produites avec Arte, on peut les mettre à volonté sur le site francemusique.fr. On y retrouve un corner "concerts". Les concerts sont découpés par œuvres et par mouvement. Des concerts que l’on peut aussi retrouver sur notre chaine Youtube. 

LLPR - Vous avez un trésor, pourquoi ne pas plus communiquer ?
MV -
À qui le dites vous ! C’est une croisade. C’est une logique de groupe mais je pense que l’on manque sincèrement d’un faire savoir qui dirait aux auditeurs et au public qui ne sait pas que cela existe. On le fait avec Arte car il y a une cousinage avec cette chaîne, c’est presque amical avec eux. C’est naturel pour eux et nous. On a filmé 555 sonates de Scarlatti cet été dernier. C’est le modèle même du média global. Cela dure trois minutes. Il a écrit des chansons ! On envisage une diffusion aussi sur Culture Box puisque l’on a un partenariat avec eux.  Je voudrais être comme sur les plages où avec un petit avion on pourrait voir francemusique.fr !

LLPR - Quelle est la place de France Musique sur le numérique ?
MV -
Il y avait un retard quand je suis arrivé. Les équipes de Radio France avec Laurent Frisch, le directeurs du numérique, sont assez exceptionnelles. J’ai bénéficié des expériences déjà faites dont les webradios de FIP et on a pu partir avec un minimum de bug.
On sait que l’avenir de la diffusion hertzienne est compromis. A quel terme, on en sait rien mais comme je n’en sais rien, prudence. Maintenons bien la qualité du hertzien qui est le cœur de notre métier mais ne négligeons pas tout le reste, sur le numérique, pour le faire à part égale exister avec l’antenne et qui protègera l’antenne le jour où le hertzien prendra un coup dans l’aile. C’est pour cela que je dis, en boutade, oui il y a Francemusique.fr, oui il y a francemusique.com en anglais, oui il y a les webradios mais à la finale, c’est France Musique point barre qui rentre dans son temps.

LLP : Le contenu va faire la différence sur le numérique.
MV -
C’est vrai que le contenu est primordial. Et on ne fait que cela.  Les GAFA seront peut-être amenés à venir nous parler un peu plus gentiment qu’aujourd’hui.  Quand vous tapez Ravel sur votre barre de moteur de recherche et que j’apparais dans les cinq premières propositions, souvent en premier, je suis "le roi du pétrole" et la chaine et la radio est ainsi sauvée.

LLPR - Votre offre de webradios peut se rapprocher de celle de FIP
MV -
On le sait et on a fait très attention à ce que ce ne soit pas le même répertoire.  FIP Jazz sera plus world et  nous on aura un Jazz un poil plus classique mais cela aurait absurde que l’on ne propose pas de jazz. C’est l’univers Radio France qui compte, son éditoriale norme force de proposition que l’on a dans tout le groupe. Avec la redevance, on ne jette pas l’argent par les fenêtres d’autant plus qu’on ne coute que un ou deux euros par mois. Vu tout cela, cela nous file le vertige de voir tout ce que l’on fait. On ne fait pas tout bien mais on cherche à faire le mieux pour l’auditeur qui semble répondre avec une audience qui monte petit à petit.

L’auditeur voit que l’on est moins dans l’entre soi, on "blablate" moins ; contrairement à celle qui est présentée comme notre concurrente, Radio Classique, qui a beaucoup d’éditorial, la tranche d’info du matin, des animateurs connus, beaucoup de pub. Sur France Musique, quand on parle, on parle musique. Radio Classique n’est pas vraiment un concurrent dans le fond. Mon vrai concurrent est France Inter, les auditeurs du groupe. On est une deuxième radio, différente. Un exemple, dramatique, que l’on a expérimenté lors des attentats de Charlie Hebdo. On a cherché à être le revers de France Info, pas anxiogène. J’ai conçu le weekend qui a suivi une grille Deuil-Consolation-Cocooning. Les retours ont été incroyables.  La semaine qui a suivi les attentats, quand la blessure était encore très violente, un peu comme dans les deuils juifs, on a demandé aux auditeurs quel serait leur bougie-disque. On a eu beaucoup de réponse avec uniquement les propositions des auditeurs. On nous a remercié.


Serge Surpin
Journaliste spécialisé média, photographe et ancien Co-créateur de Satellifax. Gérant de SatMag.... En savoir plus sur cet auteur

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Les commentaires ne sont publiés que pour les personnes possédant un identifiant et un mot de passe. Les commentaires anonymes sont interdits. Toute personne ne pouvant justifier de son identité réelle pourra se voir interdite de commentaire et l'accès au site refusé. Notre site étant un site en direction des professionnels, toute personne ne se considérant pas comme un professionnel de la radio ne sera pas accepté. Sont considérés comme professionnels toutes personnes salariées, bénévoles ou travaillant au sein d'une radio ou webradio ou de média (presse écrite, télévision, web, téléphonie mobile...).

Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 16 Novembre 2018 - 16:17 La croissance de l'Audio Digital se poursuit