Cap sur l’IP

Dossier technique réalisé par Florian Martin

Jeudi 14 Septembre 2017


Radio & IP, deux mondes si différents au mariage réussi. Une union délicate et terrifiante, qui débarque avec son jargon, ses protocoles et ses usages. S'il est difficile de passer à côté, il est encore possible de prendre le train en marche.


IP : Internet Protocol

Utilisé à tort et à travers dans les brochures techniques, l'IP est né à la toute fin des années 1970 dans les laboratoires de l'armée américaine, pour devenir l'un des piliers techniques d'internet au cours des années 1980. Depuis, son étendue comme ses usages ont bien changé… Désormais, tout le monde entend couramment parler d'adresses IP souvent sans savoir comment elles fonctionnent. Si l'informatique profonde n'est pas votre truc, gardez cela en tête : L'IP trouve purement et simplement son reflet dans le système de courrier postal.

On indique l'expéditeur et le destinataire (adresses IP) sur le dessus du paquet (en-tête), on le dépose au bureau de poste (interface réseau), puis le paquet voyage de relais en centres de tri (routeurs). Souvent, ils voyagent via des sous-traitants (peering), parfois, ils se cassent (corrompu) ou se perdent (drop). En cas d'embouteillage, priorité est définie par la couleur du timbre (QoS). Tout cela prend du temps (latence), mais on peut faire du publipostage (multicast), souscrire à une assurance colis intact (contrôle de parité), et agrandir la taille de la boîte aux lettres (cache) pour faire face aux périodes de forte affluence.

La radio a changé de visage, mais n'a pas changé de nom. Historiquement, la radiodiffusion, comme son nom l'indique, fut destinée à diffuser un programme sonore, depuis un émetteur source vers plusieurs postes récepteurs dans un périmètre limité par sa technologie hertzienne.

C'est d'ailleurs précisément de cela qu'il s'agit – encore aujourd'hui – d'un point de vue réglementaire. Les attributions de fréquences FM, la zone de diffusion de nos émetteurs, et la continuité d'un signal audio sont des sujets qui préoccupent quotidiennement tous les professionnels de la radio, ainsi que nos autorités de contrôle et de régulation.

Cette constante, si elle fut bousculée par l'érosion des webradios dans le début des années 2000, reste encore valable et universelle, bien que soumise à quelques nuances technologiques... La généralisation du RDS, l'écoute en mobilité et le développement de la RNT tendent à moderniser notre métier historique, tout en conservant les fondamentaux de notre mission : envoyer du son vers des auditeurs éparses à l'aide d'un émetteur radio, par voie hertzienne.

Les animateurs sont montés en compétence et s'autoréalisent, ils interagissent avec leurs auditeurs sur les réseaux sociaux, coordonnent des jeux en direct, mêlent programmation musicale et dédicaces sans jamais s'éloigner de leur micro. Une prouesse humaine qui invite techniciens et décideurs au casse-tête collectif.

Pour nous aider à résoudre ce casse-tête, nous avons tiré de sérieux enseignements techniques du développement d'internet et des réseaux d'entreprise. Les technologies IP sont déjà partout. Dans nos téléphones, nos ordinateurs et maintenant nos voitures. Elles sont abordables, normées, universelles, chiffrables, routables et extensibles à souhait. Surtout, le principe même des technologies IP, c'est d'assurer le transport, le dialogue et la diffusion. Trois valeurs essentielles de la radio.

Carte bleue et carte blanche

Ces temps-ci, déménager sa radio est une tendance qui prend des airs de sport national. Pour les grands groupes, c’est l’occasion de faire des économies d’exploitation colossales, de réaffirmer sa nouvelle couleur d’antenne, de restructurer les plannings autour de studios polyvalents, ou d’ajouter un espace de captation musicale pour recevoir des artistes en stand-up, du public sur des banquettes, des rampes de caméras au plafond pour faire le buzz sur les réseaux sociaux.

Pour une petite radio indépendante, l’enjeu est plus terre à terre. Se réinventer techniquement, souvent sans déménager, c’est difficile. Avec quel personnel ? Selon quelle logique ? Pour quelles fonctionnalités ? Avec quelle technologie ? Faudra-t-il couper l’antenne ?

À quoi pourrait ressembler votre station de radio si vous aviez un terrain fraîchement terrassé, quatre murs tout juste sortis du sol, les bétonnières encore fumantes et la carte blanche de votre direction financière pour y installer des studios d'avant-garde ?

Réunissez toute votre équipe. Écrivez votre idéal sur une feuille blanche, dessinez vos studios à main levée, et soumettez cette vision utopique à un facilitateur technique... En cette nouvelle ère où tout est possible, vous pourriez être agréablement surpris à la lecture des devis.

Consultant IP & Broadcast, au service des radios et des fournisseurs. Facilitateur IP. En savoir plus sur cet auteur

Dans la même rubrique :