Travailler les jours fériés à la radio

Mardi 11 Juillet 2017



Qui travaillera ce vendredi ? Profitez-vous des jours fériés ? Y a-t-il d'ailleurs un intérêt à travailler un jour férié ? L’auditeur y est-il sensible ? Voici quelques réponses, qui ne feront pas l’unanimité, mais qui sont la preuve de l’évolution des mentalités et… de la radio.


2017 : une année chargée... en week-ends prolongés. Bref, pas une "année de patron"
2017 : une année chargée... en week-ends prolongés. Bref, pas une "année de patron"

Il est curieux de constater à quelle vitesse les mentalités évoluent et les habitudes changent lorsqu’il s’agit de travailler les jours fériés. Si en France le 25 décembre, le 01er janvier ou encore le 01er mai semblent encore être chômés par une grande majorité, les journées du 11 novembre, du 08 mai, du 14 juillet donc ou encore du 15 août sont progressivement devenues des jours presque comme les autres, surtout pour les gens de radio. C'est bien dommage. Cette année encore, "le bon vouloir" de votre employeur ne vous a certainement pas permis de bénéficier de votre Lundi de Pentecôte, sauf si vous avez anticipé et donc, posé un jour de congés, votre seule échappatoire. Ne soyez pas naïf… Si vous travaillez le Lundi de Pentecôte, ce 14 juillet ou le 15 août prochain, c’est d’abord pour assurer la continuité du programme…
Qu’il est loin le temps où la musique non-stop ponctuait nos jours fériés.

Travailler quand les autres se reposent

Prenez l’exemple d’un matinalier : ses horaires de travail impactent considérablement sur sa vie personnelle et font généralement de lui un individu complètement amorphe dès le milieu de l’après-midi durant toute une saison. Autre exemple : un animateur d'un creaneau du soir qui outre, une vie familiale en dents de scie ne pourra jamais, durant la saison, profiter d’un spectacle, d’un concert ou d’une vie normale entre copains. Encore un exemple : un animateur préposé au week-end. Pensez également aux efforts qu’il devra fournir pour passer autant de temps avec ses enfants. Si les conséquences sont moins importantes pour celles et ceux qui sont contraints à travailler un jour férié, il serait à long terme dramatique de ne pas y penser. Les animateurs et les journalistes aiment leur métier. De là, à les transformer en salariés comme les autres...

Pourquoi travailler un jour férié ?

Pour assurer la continuité de votre programme. Dans les années 80 et 90, l’information s’arrêtait le 30 avril à 20h pour reprendre le 02 mai à 06h. Même constat pour Noël : il ne se passait plus rien du 24 décembre à 19h jusqu’au 26 décembre à 06h. Désormais, l’information ne connait pas de pause et la radio s’est ainsi adaptée aux facteurs sociétaux qui l’entourent pour ne pas être à la traine face, notamment, à internet et plus globalement à ses concurrentes. Les jours fériés ne sont plus qu’un ancien (bon) souvenir !
Alors, si vous travaillez ce vendredi, vous enverrez à vos auditeurs une image d'une entreprise "dynamique" et d'un animateur "courageux". Vous ne les abandonnerez pas. Vous serez toujours réactif sur l'info trafic. Vous aurez probablement l'occasion de séduire un nouveau public qui, d'habitude, ne vous écoute pas. Et enfin, on l'espère pour vous, vous apprécierez cette ambiance caractéristique des jours fériés (on vous l'a dit : peu de personnel et moins de stress) pendant que vos potes sont à la plage. Elle est pas belle la vie ?

Pourquoi ne pas travailler un jour férié ?

On n'y arrive... Parce que votre station vit souvent avec peu de moyens humains. Et si tel est le cas, lorsque l’on compte seulement une poignée de salariés dans une radio, il est plus difficile de finaliser des plannings et de motiver les mêmes à être (invariablement) volontaires. Et puis parce que, pour les stations locales, les animateurs et les journalistes ressentent systématiquement lors des jours fériés une chute sensible du nombre des appels ainsi qu’une une baisse (voire un manque) d’informations. Il est toujours plus difficile de réaliser des interviews un 01er mai et d’obtenir des participants à des jeux un 01er janvier à moins d’avoir anticipé ou de développer des trésors d’imagination.

5 (bonnes) raisons de ne pas  travailler un jour férié

# 01 Vous privilégiez le voice-track et ce procédé vous le rend bien. "Vous avez raison, c'est pas cher".
# 02 Vous estimez que l’audience sera plus faible. "Vous avez raison, nombreux sont ceux qui ont compris".
# 03 Votre format vous interdit de travailler un jour férié, "Vous avez raison, vive la décroissance".
# 04 Ce n’est pas dans la culture de votre entreprise. "Vous avez raison, il faut ralentir".
# 05 Vous êtes fatigué (d’avoir tant donné) depuis septembre. "Là, personne ne vous croit".

Ayons tout de même une pensée pour celles et ceux qui travailleront ce 14 juillet. À La Lettre Pro de la Radio, on profitera de cette journée chômée. Mais on pensera quand même à vous.


Frédéric Brulhatour
Brulhatour est le rédacteur en chef du magazine La Lettre Pro de la Radio et le directeur associé... En savoir plus sur cet auteur

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