Radio Bonheur diffuse une chanson sur le CSA

Jeudi 18 Juin 2015



Après une récente mobilisation de ses auditeurs, Radio Bonheur diffuse sur son antenne une chanson intitulée "Le CSA comme la FIFA" interprétée par le groupe breton "Les Glochos". La station est donc toujours très remontée contre la Tour Mirabeau. Il faut dire qu'elle a essuyé 62 refus lors des précédents appels à candidatures. Bref, les malheurs de Radio Bonheur ne sont pas encore terminés. Dominique Le Boudec, son directeur, s'en explique ce matin à La Lettre Pro de la Radio.


Dominique Le Boudec le directeur de Radio Bonheur n'entend pas baisser la garde devant le CSA
Dominique Le Boudec le directeur de Radio Bonheur n'entend pas baisser la garde devant le CSA
LLP - Depuis plusieurs jours, Radio Bonheur semble avoir entamé une nouvelle phase de son combat contre le CSA, cette fois-ci sur le terrain médiatique. Quel bilan faites-vous de cette mobilisation ?
DLB -
Il est un peu tôt pour parler de bilan. Le combat de Radio Bonheur pour se développer n’est pas celui d’une journée mais celui d’une vie… Ce n’est pas l’appât du gain qui nous anime mais la passion, la justice. Le combat notamment médiatique est prévu pour durer, tant que Radio Bonheur n’obtiendra pas le développement qu’elle mérite. Le combat médiatique ne fait que commencer !

LLP - Concrètement que reprochez-vous au CSA et que lui demandez-vous ?
DLB -
Nous sommes en faveur de la concurrence et de la compétition, moteurs de l’excellence. Mais cette concurrence ne peut exister qu’à une condition : celle d’appliquer les mêmes règles à toutes les radios.

Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. En moyenne, le CSA accorde aux opérateurs une fréquence sur 3 à 4 demandes, sauf pour Radio Bonheur. Sur 62 demandes, depuis 2007, le CSA nous a opposé 62 refus… avec 62 motifs de refus différents.
Depuis 2007, Radio Bonheur ne répond donc plus jamais aux critères de sélection du CSA. Dans ces conditions, comment le CSA a-t-il pu sélectionner Radio Bonheur sur 3 fréquences en 2006 alors que notre programme n’a pas changé ? Et comment expliquer que depuis 10 années Radio Bonheur soit davantage écoutée en part d’audience dans les Côtes d’Armor que France Inter, Europe 1 ou encore NRJ… alors que nous sommes, selon le CSA, si mauvais ?

Il y a peu, Patrice Gelinet expliquait pourtant aux médias, que pour Laval, il ne pouvait exister qu’un seul élu pour 40 candidats et donc 39 déçus. C’est un peu court, car aucune radio ne s’est vue, depuis que le CSA existe, refusée 62 demandes consécutives… jamais. A fortiori pour une radio plébiscitée par le public.

Une grosse centaine d’auditeurs devant les locaux de Radio Bonheur le 7 juin dernier pour exiger du CSA un développement rapide de sa couverture
Une grosse centaine d’auditeurs devant les locaux de Radio Bonheur le 7 juin dernier pour exiger du CSA un développement rapide de sa couverture

LLP - Vous diffusez actuellement un titre spécialement produit pour Radio Bonheur. De quoi s’agit-il ?
DLB -
C’est une chanson rigolote réalisée avec la complicité des Glochos. Le pot de terre contre le pot de fer est propice à l’inspiration pour ce groupe breton avec qui nous avons tissé des liens depuis de nombreuses années.

LLP - Pensez-vous que les Sages de la Tour Mirabeau apprécieront ce genre d’humour et donc cette nouvelle action ?
DLB -
Le terme "Sage" ne me semble pas approprié… Et c’est bien ça le problème du CSA. Le CSA agit, non pas sur le fond des dossiers, mais sur la forme, sur l’apparence, la gentillesse, l’allégeance… pour ne pas dire sur certains liens privilégiés qui existent implicitement entre lui certains opérateurs. Regardez ce qui s’est passé avec Parenthèse, La Radio de la Mer ou encore Numéro 23 aujourd’hui. Qu’importe si Radio Bonheur ne fait pas plaisir au CSA : quand on vous traite comme un chien, que l’on fait souffrir, on a le droit de mordre.
Comment le CSA peut-il justifier que, depuis 1989, en appliquant la loi de 1986, dont le socle est basé sur la diversité et le pluralisme des opérateurs, il ait pu réduire le nombre de radios commerciales indépendantes de plus de 1 000 en 1989 à une centaine aujourd’hui ? En réalité et dans les faits, le CSA applique la concentration et l’uniformité des programmes sur l’ensemble du territoire. Qui peut dire le contraire ?

les_glochos___le_csa_comme_la_fifa~2.mp3 Les Glochos - Le CSA comme la FIFA~2.mp3  (3.82 Mo)



LLP - Et si Radio Bonheur ne parvenait pas à augmenter sa couverture ?
DLB -
Depuis ma naissance, on ne m’a jamais rien donné. J’ai appris à persévérer pour réussir. Et puis, c’est le risque, mais en ce qui me concerne, je préfère perdre ma radio que mon âme.


Philippe Chapot
Fondateur et directeur de la publication de La Lettre Pro de la Radio et des Médias, Philippe... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par Dominique Le Boudec le 19/06/2015 18:11
Suite de la réponse à la question 2 :
Cerise sur le gâteau : Le Conseil d’Etat a ordonné fin 2013 le réexamen de la candidature de Radio Bonheur à Laval après la condamnation du CSA pour excès de pouvoir (non respect sur le fond des critères de sélection), pourtant le CSA a refusé le réexamen au motif unique qu’il n’existait aucune fréquence disponible. Or moins d’un an après le CSA organisait un appel à candidatures à Laval pour deux fréquences disponibles. Lorsque le CSA n’a plus d’argument il use de sa mauvaise foi : pour justifier ce mensonge le CSA explique qu’il ne peut réglementairement pas attribuer une fréquence sans appel à candidature. Le CSA a pourtant été moins sourcilleux avec d’autres opérateurs à Carhaix (29) par exemple avec la fréquence 97,0 MHz jamais proposée mais pourtant bien attribuée à Fun Radio en 2012.

2.Posté par Rosalie Desgoffe le 21/06/2015 18:02
Ce que Dominique Le Boudec omet d'évoquer - et on le comprend - ce sont les casseroles qui traînent derrière Radio Bonheur.

Le "pirate" est connu en Bretagne pour les libertés qu'il prend avec les règlements. Il a fondé sa réputation sur son arrosage intensif de la région, dépassant allègrement la puissance d'émission pour laquelle il était autorisé (cf. http://www.radioactu.com/actualites-radio/137474/csa-sanction-pecuniaire-a-l-encontre-de-radio-bonheur/).

La vérité, c'est que Radio Bonheur a récemment gagné des fréquences dans l'ouest des Côtes-d'Armor, ainsi qu'à Carhaix en rachetant une radio locale. La Lettre Pro elle-même en avait parlé (cf. http://www.lalettre.pro/Radio-Bonheur-s-implante-dans-le-Finistere_a6232.html)

Dominique Le Boudec ferait aussi bien de s'exprimer sur la gestion sociale de son entreprise.

Dans une interview accordée au Télégrame, il explique que "Radio Bonheur, ce sont dix salariés". Doit-on comprendre que sa société Media Bonheur salarie dix personnes ?

Le site societe.com nous dit que la tranche d'effectif est de "3 à 5 sarlariés (cf. http://www.societe.com/societe/media-bonheur-479270738.html). Compte-t-il les personnes d'Europe Régie Ouest qui commercialisent ses espaces de pub ?

Le "système Radio Bonheur" est en fait bien ficelé. La radio vend des produits dérivés au prix fort dans sa boutique (15 € le CD), fait payer les petites annonces aux associations locales (20 € les sept passages) et mobilise régulièrement la presse pour faire part de ses "difficultés", se donnant une image de martyre pour laquelle il faudrait faire un don.

Parlons ensuite du contenu.

Comment Dominique Le Boudec explique par exemple que les flashs diffusés sur Radio Bonheur soient des copiers-collers au mot près près d'articles de Ouest-France, notamment.

Un exemple qui date du 3 juin :

http://www.radiobonheur.com/podcast/journal/2015-06-03/%208.mp3

L'ensemble du flash est pompé sur ces cinq articles.

http://www.guingamp.maville.com/actu/actudet_-en-avant-de-guingamp-la-campagne-d-abonnement-reprend-ce-mercredi_52680-2777558_actu.Htm

http://www.ouest-france.fr/acces-la-zone-de-lhopital-prive-chantier-urgent-3446706

http://www.ouest-france.fr/les-elus-lannionnais-prets-attaquer-le-decret-3446482

http://www.franceinfo.fr/sports/football/article/corruption-la-fifa-sepp-blatter-annonce-qu-il-demissionne-de-la-presidence-687501

http://www.franceinfo.fr/sports/tennis/article/roland-garros-tsonga-bat-nishikori-et-accede-aux-demi-finales-687519

Voilà ce que produit Radio Bonheur ! Le "journaliste" est-il seulement à Pléneuf-Val-André ou à l'autre bout de la France ? Le reste des programmes est à l'avenant.

Dominique Le Boudec peut faire sa pleureuse, mobiliser des auditeurs, leur faisant croire que son antenne est menacée chercher le soutien de médias locaux et désormais nationaux très dociles... cela n'empêchera pas le CSA de savoir ce qui se trame en arrière-cuisine.

Radio Bonheur n'est pas une radio associative. Dominique Le Boudec est un chef d'entreprise et rassurez-vous, tout va bien pour lui.

La manipulation doit cesser.

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