Quotas : affrontement entre le SNEP et les radios Musicales

Mardi 4 Février 2014



Lors d’une conférence de presse qui s'est tenue ce lundi au Midem à Cannes, le SNEP a présenté son bilan du marché de la musique en 2013, pointant au passage le manque de diversité musicale à la radio. Une analyse qui a fait vivement réagir les radios musicales du collectif "Pour que ma radio reste libre".


"C’est une très bonne année pour la chanson française" selon le SNEP : le public a été séduit par une nouvelle génération d’artistes autant que par des talents confirmés : Stromae, Maitre Gims, les Enfoirés, Zaz, Christophe Mae,  Génération Goldman, Florent Pagny, Robin des Bois, Tal, Emmanuel Moire, les Stentors, Indochine, Pascal Obispo, Vanessa Paradis, Vincent Niclo, sont donc les exemples du succès conjoint de la jeune scène française et d’artistes  confirmés.

17 des 20 meilleures ventes sont des albums d’artistes francophones et les 3 artistes les plus appréciés en 2013  ont vendu plus de 500 000 exemplaires, dont plus d’1 million pour la meilleure vente d’albums, la première fois depuis 2004. Et sur les 200 meilleures ventes d’albums, on compte 59% d’artistes francophones et 92% d’entre eux chantent en français.  Ces 200 meilleures ventes représentent 35% des ventes totales d’albums.

"Vérité" sur la musique francophone à la radio

Dans un communiqué du 10 janvier dernier, le SNEP indiquait : "L’entreprise de désinformation menée par quelques radios pour saper un dispositif protecteur de la création ne doit plus tromper personne, et notamment le régulateur. Oui, les radios ont les moyens de respecter les quotas de chansons francophones puisque la production francophone est plus vivante que jamais". Alors, le SNEP veut rétablir quelques vérités.
Moins d’une diffusion sur 5 est une nouveauté francophone. De moins en moins d’artistes francophones entrent dans le Top 100 des diffusions : 33% en 2013 contre 42% en 2007. Le SNEP évoque "le goulot d’étranglement des radios" : chaque année, 16 000 titres sont produits en France et chantés en français (source SCPP / SPPF), 1 000 d’entre  eux sont envoyés aux radios et 50 de ces titres représentent à eux seuls 50% des diffusions de nouveautés  francophones.
Les réseaux jeunes concentrent les 2/3 de leurs diffusions de nouveautés sur 10 titres, une radio musicale peut réaliser 1/3 de ses quotas francophones avec seulement 3 titres.
"Illustration de l’extrême concentration des titres francophones sur les réseaux jeunes" analyse le SNEP : 10 titres captent 65% des diffusions de chanson française. En 2013, les 50 titres les plus diffusés par les réseaux jeunes n’ont concerné que 39 artistes.

Indignation du collectif "Pour que ma radio reste libre

Le collectif des radios musicales  "Pour que ma radio reste libre" (RFM, Fun Radio, Rire & Chansons, RTL2, Chérie FM, Nostalgie, Virgin Radio et Oüi FM) a réagit immédiatement et vigoureusement sur son compte Twitter aux positions développées par le SNEP : "Les radios musicales sont consternées par les arguments trompeurs du SNEP qui tente d'imposer en force de nouvelles contraintes aux radios". Le collectif estime encore que "le plafonnement des diffusions musicales francophones demandé par le SNEP n’est pas une piste pertinente", rejoignant les positions exprimées par le CSA dans son rapport du 7 janvier dernier.
Le collectif conclut en interpellant directement la Ministre : "les radios Musicales unies appellent Aurélie Filippetti à ne pas céder aux tentatives du SNEP de mettre leur programmation sous tutelle", et pose cette question : "Peut-on imposer aux radios en 2014 les mêmes règles de diffusion de musique qu’en 1994 ?".
Nul doute que le débat connaîtra d’autres développements dans les prochaines semaines.
 

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Frederic Brulhatour
Brulhatour est le rédacteur en chef du magazine La Lettre Pro de la Radio et le directeur associé... En savoir plus sur cet auteur

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