La Lettre Pro de la Radio & des Médias


OUI aux statistiques ethniques pour Médiamétrie

Mercredi 13 Mai 2015




Il faut autoriser le recours aux statistiques dites ethniques dans des conditions encadrées, et ne pas se laisser emporter par de faux débats instrumentalisés par des apprentis sorciers comme le maire de Béziers. L’exemple de l’enquête sur l’audience radio de l’Institut Médiamétrie en est une parfaite illustration.


Dominique Guihot, président directeur général d’Africa n°1
Dominique Guihot, président directeur général d’Africa n°1
Chaque année, Médiamétrie interroge 126.000 personnes en France sur les radios qu’elles écoutent : quelle radio ? combien de temps ? à quelle heure ? Le résultat est déterminant pour les recettes publicitaires de ces stations de radio.
On peut comprendre qu’une radio mettant en avant les cultures africaines soit soucieuse de la bonne représentation des personnes originaires d’Afrique dans l’échantillon produit par Médiamétrie. Ce n’est malheureusement pas le cas. L’institut s’est vu interdire par la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) de "collecter ou de traiter auprès d’eux des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, leurs origines raciales ou ethniques".
L’étude sur l’audience de la radio en France interroge les personnes sur leur âge, leur sexe, leur catégorie socio-professionnelle, leur situation matrimoniale, leur consommation internet… mais pas sur leur origine.

Africa n°1 n’est pas en mesure de savoir combien d’Africains d’origine figurent dans chaque échantillon constitué par Médiamétrie pour chaque vague de sondage et l’institut Médiamétrie non plus. Ce qui fausse inévitablement le résultat.
Cette situation est injuste et ubuesque. Injuste car les radios comme la nôtre subissent des variations  d’audience et donc de recettes publicitaires qui n’ont pas de relation avec la qualité de leurs contenus. Ubuesque, car ce que la CNIL impose au sondeur, elle l’accepte parfaitement de l’INSEE et de l’INED, Instituts publics qui produisent l’Etude "Trajectoires et Origines"» sur la cartographie des immigrés ville par ville à travers la France.

La solution est simple. Il faut autoriser l’ajout d’une question, pour chaque vague, sur la nationalité et celle des parents et redresser les résultats lorsque l’échantillon n’est pas conforme au poids des immigrés dans la société. Comme cela se fait pour d’autres critères.

Pour se prémunir des dérives que révèle l’affaire Ménard, il suffira de rappeler trois principes essentiels : ces statistiques doivent se faire avec le consentement des personnes, de façon anonyme et ne pas donner lieu à constitution de fichier.
Sur cette base, notre société se grandira à prendre en compte l’existence des populations d’origine étrangère vivant en France.

Dominique GUIHOT
Président Directeur Général d’Africa n°1 Paris
Administrateur du Syndicat des Radios et Télévisions Indépendantes (SIRTI)



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