Le Mouv’ ne bouge pas

Vendredi 16 Janvier 2015



Depuis le 7 janvier, en fait depuis fin 2014, Le Mouv’ se tait. Rien, ou presque, à l’antenne sinon de la musique, des flashs et une seule émission spéciale de 35 minutes sur les attentats. Comme le dit le SNJ de Radio France, "le Mouv' (est) la seule rédaction qui ne couvre pas les attentats".


Le Mouv’ se tait alors que l’on découvre (redécouvre) ce qui se passe dans les écoles : une partie de la jeunesse n’a pas compris ce qui se passait et qu’une partie relativement importante adhère aux thèses complotistes. La radio "jeune" du Service Public aurait dû justement prendre toute sa place dans le débat public.

S’il est vrai que Le Mouv’, pardon Mouv puisque cela va être son nouveau nom, renouvelle son équipe d’animateurs, il reste des journalistes (huit selon le SNJ Radio France) qui auraient pu traiter l’actualité, plus les centaines d’autres, de toutes les radios du groupe Radio France, qui auraient pu intervenir. Mais voilà...
#JeSuisCharlie sera aussi le paroxysme de l’échec de cette radio, un très mauvais signal au moment où une opération de la dernière chance doit être lancée afin de la sauver. C’est un mauvais signal envoyé par la nouvelle direction de la chaine qui n’a pas su rebondir. En un mot, faire de la radio.

L'avis du SNJ Radio France

Depuis mercredi dernier, les titulaires de la rédaction du Mouv' (ou ce qu'il en reste) sont doublement accablés. A la mort de nos confrères de Charlie Hebdo, à la menace qui pèse sur la liberté de la presse, s'ajoute le fait, pour les journalistes du Mouv, de ne pas avoir pu effectuer leur mission d'information de service public.

Sur une radio qui se veut, plus qu’hier, la radio des jeunes des quartiers populaires, il n’y eu que quelques flashs et une seule émission spéciale de 35 minutes, diffusée vendredi 9 janvier au beau milieu d'une antenne "morte". En effet, depuis les vacances de Noël, et en prévision du lancement de la nouvelle formule repoussée à début février, le Mouv est un robinet à musique sans animateur et avec des flashs en matinales et un résumé d’actualité de trois minutes le soir.
 
Lors des attentats de la semaine dernière, les auditeurs n’ont donc eu ni suivi, ni explications, ni mise en perspective de cette actualité qui va sans doute changer en profondeur la société française et qui concerne au premier chef la jeunesse de ce pays.
 La rédaction ressent donc un profond malaise, de la frustration et même de la honte. Les Nagras croupissent dans les armoires alors qu’il y a tant de choses à faire dans la complémentarité des autres antennes.
 
D’où cette interrogation qui ne cesse de revenir : à quoi servent huit journalistes professionnels pour une antenne qui ne traite pas l’actualité, même lorsqu’elle est incontournable ?
Ce gâchis dure depuis trop longtemps pour les journalistes concernés et pour toute l’entreprise.


Serge Surpin
Journaliste spécialisé média, photographe et ancien Co-créateur de Satellifax. Gérant de SatMag.... En savoir plus sur cet auteur

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