Jean-Yves Breteau (CNRA) : "ce que l’Etat veut, l’Etat peut"

Jeudi 7 Mai 2015



Depuis ce jeudi matin, la CNRA (Confédération Nationales des Radios Libres) tient son congrès annuel au Mans jusqu'au samedi 9 mai. Dans son discours d'ouverture, Jean-Yves Breteau, son président, a estimé que "ce que l’Etat veut, l’Etat peut". Autrement dit, s'il voulait aider les radios associatives à se développer, il le ferait.



"À l’heure où la liberté d’expression et les valeurs républicaines nous ont rassemblés en janvier, ce congrès du Mans revendique avec force la devise de la France déclinée à ce qui nous réunit pendant trois jours : liberté d’expression, égalité des territoires, fraternité et diversité. C’est pourquoi ce rendez-vous annuel va s’ouvrir sur l’expérience de nos actions radiophoniques, citoyennes, et d’éducation populaire aux médias pour se conclure dans un dialogue citoyen Europe m’entends-tu ? en écho contre les menaces d’extrémistes religieux et nationalistes en France comme en Europe. (…) Il sera bien question dans ce congrès de la santé économique de nos radios, des questions qui attendent des réponses politiques.

Si la formule peut sembler aisée, j’ai tendance à vouloir croire que ce que l’Etat veut, l’Etat peut. À ce titre, la CNRA est intervenue a maintes reprises auprès des ministères jusqu’à Matignon et l’Élysée quand un danger mettait en cause nos financements d’états donc l’avenir de notre secteur d’activité. Si nous n’avons pu obtenir qu’en retour au montant initial du Fond de soutien à 29 millions d’euros pour le financement de 680 radios associatives, que serait-il advenu du Fonds de soutien 2014 si nous n’avions pas mobilisé nos forces auprès des parlementaires comme on nous n’avait d’ailleurs recommandé, pour annuler le gel qui prévoyait le gel de deux millions d’euros pour les radios de communication sociales de proximité. Il était de 7% en 2014, et on nous annonce 8% en 2015 comme sur toutes les lignes du budget de l’État. Donc, une nouvelle menace pourrait être supportée par nos radios. Cette action, c’est la CNRA et elle seule qui l’a menée avec les radios qui ont interpelé nos députés et leurs sénateurs pour une intervention auprès de la ministre de la Culture et de la Communication. Nous l’avons fait en 2013 et en 2014 (…)

Dès lors qu’un danger peut nous atteindre, la CNRA négocie avec les pouvoirs publics. Nous avons effectivement affirmé que la radio numérique terrestre n’est pas souhaitable dans le contexte actuel de rigueur économique alors que l’État ne peut, ou ne veut, d’avantage s’engager à abonder le fond de soutient qui finance aussi les nouvelles radios en RNT. Nous avons posé la question aux radios : acceptez-vous un moindre soutien de l’État au profit de la diversité radiophonique ? Les radios de notre fédération ont répondu majoritairement "non". Réaction que nous portons donc naturellement à la connaissance des institutions en leur nom. La CNRA a également apporté son expertise sur d’autres dossiers et réformes : la loi de sécurisation à l’emploi, les  nationaux des radios locales privées, le nouveau décret FSER, etc. D’autres négociations sont en cours concernant le nouveau contrat SACEM et la réforme territoriale des régions pour lesquels les radios nous interpellent.

Vous l’avez compris, ce congrès va être riche au plus proche des radios et des valeurs que nous représentons. Il nous faut être rassemblés, tant pour faire entendre les évolutions positives que pour surmonter les difficultés à faire vivre quotidiennement la liberté d’expression auprès de nos auditeurs. Adhérer à la CNRA, c’est nous soutenir à vous défendre si vous pensez qu’ensemble, nous avons raison. Toute notre mobilisation est au nom de toutes les radios. Si l’action de la CNRA peut être plus discrète que vous ne le souhaitiez, un nouveau site va voir le jour avec un nouveau logo".


Serge Surpin
Journaliste spécialisé média, photographe et ancien Co-créateur de Satellifax. Gérant de SatMag.... En savoir plus sur cet auteur

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