Flashback en 2012 - Travailler les jours fériés

La Lettre Pro de la Radio n°25 du 5 octobre 2012

Mardi 12 Août 2014




Travaillez-vous les jours fériés ? Y a-t-il un intérêt à travailler un jour férié ? L’auditeur y est-il sensible ? Voici quelques réponses qui ne font pas toujours l’unanimité mais qui sont la preuve de l’évolution des mentalités et… de la radio.


Il est curieux de constater à quelle vitesse les mentalités évoluent et les habitudes changent lorsqu’il s’agit de travailler les jours fériés. Si en France le 25 décembre, le 1er janvier ou encore le 1er mai semblent encore être chômés par une grande majorité, les journées du 11 novembre, du 8 mai, du 14 juillet ou encore du 15 août sont progressivement devenues des jours comme les autres, surtout pour les gens de radio.
Depuis quelques années, votre employeur ne devrait pas vous permettre de bénéficier de votre Lundi de Pentecôte, sauf si vous avez anticipé et donc, posé un jour de congés, votre seule échappatoire. Votre employeur se réfugiera derrière ce qui est devenu la "journée de solidarité". Ne soyez pas naïf… Si vous travaillez le Lundi de Pentecôte, le 14 juillet ou le 15 août c’est d’abord pour assurer la continuité du programme… Qu’il est loin le temps où la musique non-stop ponctuait nos jours fériés !

Travailler quand les autres se reposent

Prenez l’exemple d’un matinalier : ses horaires de travail impactent considérablement sur sa vie personnelle et font généralement de lui un individu complètement amorphe dès le milieu de l’après-midi durant toute une saison. Autre exemple : un animateur de libre-antenne en soirée qui outre, une vie familiale en dents de scie ne pourra jamais, durant la saison, profiter d’un spectacle, d’un concert ou d’une vie normale entre copains. Encore un exemple : un animateur préposé au week-end. Pensez également aux efforts qu’il devra fournir pour passer autant de temps avec ses enfants.
Si les conséquences sont moins importantes pour celles et ceux qui sont contraints à travailler un jour férié, il serait à long terme dramatique de ne pas y penser. Les animateurs et les journalistes aiment leur métier. De là, à les transformer en salariés comme les autres...

Pourquoi travailler un jour férié ?

Pour assurer la continuité de votre programme. Dans les années 80 et 90, l’information s’arrêtait le 30 avril à 20h pour reprendre le 2 mai à 06h. Même constat pour Noël : il ne se passait plus rien du 24 décembre à 19h jusqu’au 26 décembre à 06h. Désormais, l’information ne connait pas de pause et la radio s’est ainsi adaptée aux facteurs sociétaux qui l’entourent pour ne pas être à la traîne face, notamment, à internet et plus globalement à ses concurrents. Les jours fériés ne sont plus qu’un ancien (mauvais) souvenir !

Pourquoi ne pas travailler un jour férié ?

Parce que votre station vit avec peu de moyens humains. Et lorsque l’on compte seulement une poignée de salariés dans une radio, il est plus difficile de finaliser des plannings et de motiver les mêmes à être (invariablement) volontaires. Et puis parce que, pour les stations locales, les animateurs et les journalistes ressentent systématiquement lors des jours fériés une chute sensible du nombre des appels ainsi qu’une une baisse (voire un manque) d’informations. Moins évident également de joindre des interlocuteurs et de réaliser des interviews un 1er mai ou d’obtenir suffisamment de participants aux jeux antenne un 1er janvier, à moins d’avoir anticipé ou de développer des trésors d’imagination.
Les jours fériés sont régis par le Code du Travail, dans tous les cas reportez-vous à votre convention collective. Pour les animateurs, ils devront consulter la convention collective nationale de la radiodiffusion. Pour les journalistes, la convention collective nationale des… journalistes. Généralement dans les stations, les salariés pratiquent "le chacun son tour". Une solution (presque) idéale pour ne léser personne.

5 raisons de travailler un jour ferié

# 01 Vous renvoyez une image dynamique de votre station
# 02 Vous n’abandonnez pas vos auditeurs (contraints d’aller ailleurs)
# 03 Vous assurez un service toujours réactif (infos, chroniques, jeux…)
# 04 Vous avez l’occasion de séduire un autre public (et de le convaincre)
# 05 Vous appréciez l’ambiance des jours fériés (peu de personnel et moins de stress)

5 raisons de ne pas travailler un jour ferié

# 01 Vous privilégiez le voice-track et ce procédé vous le rend bien
# 02 Vous estimez que l’audience sera plus faible malgré vos efforts
# 03 Votre format vous interdit de travailler un jour férié
# 04 Ce n'est pas dans la culture de votre entreprise
# 05 Vous êtes fatigué (d’avoir tant donné) depuis septembre


Frederic Brulhatour
Brulhatour est le rédacteur en chef du magazine La Lettre Pro de la Radio et le directeur associé... En savoir plus sur cet auteur

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