Et l'on reparle de la concentration

Vendredi 13 Décembre 2013



Ce 11 décembre, le CSA délibérait sur la fixation des règles permettant de déterminer la somme des populations desservies par une radio en mode analogique. Ce matin, le SIRTI indique étudier "dès à présent les possibilités d’attaquer cette décision du CSA, et en appelle au Gouvernement et au Parlement pour protéger la diversité et le pluralisme radiophoniques".


Ce 11 décembre, le CSA délibérait sur la fixation des règles permettant de déterminer la somme des populations desservies par une radio en mode analogique. Pour ce faire, le Conseil se fonde, d’une part, sur les chiffres de population, authentifiés par décret pris en application de la loi relative à la démocratie de proximité et, d’autre part, sur les  plusieurs paramètres techniques.

La méthode de calcul pour les services diffusés en modulation de fréquence est fondée sur des données topographiques, sur le seuil de réception et sur le modèle de propagation.


"le gendarme se désarme"

Dixit le SIRTI (Syndicat Interprofessionnel des Radios et des Télévisions Indépendantes) pour qui "cette nouvelle méthode de calcul abaisse artificiellement la population couverte par les principaux groupes de plusieurs dizaines de millions d'auditeurs potentiels. Elle remplace une nouvelle méthode précédente mise en place par le CSA en 2010 seulement".
Toujours selon le SIRTI : "le CSA prend ainsi le risque d'ouvrir immédiatement un épisode de concentration dans le média radio, en se privant de la seule arme qui lui permet de s'y opposer".

"Le CSA s'affranchit déjà de la nouvelle loi Filippetti"

"Le CSA avait promis un rapport au Parlement, et indiquait en décembre 2012 qu'il souhaitait que "le Gouvernement et le Parlement ouvrent une réflexion sur les règles limitant la concentration dans le secteur de la radio afin de préciser, le cas échéant, les références sur lesquelles la méthodologie de calcul doit se fonder. Dans la précipitation et sans aucune concertation, ce schéma cohérent vient d'être bouleversé par cette mesure par laquelle l'autorité se prive de l'outil de régulation que lui a donné le législateur. Le CSA s'affranchit déjà de la nouvelle loi Filippetti à peine promulguée, qui prévoit des études d'impacts économiques avant la prise de toute décision susceptible d'avoir un effet important" ajoute le SIRTI.

Les vraies questions demeurent

Et le SIRTI de s'interroger : "qui veut acheter qui, pour mener à bien quels projets, quels effets sur l'ensemble des éditeurs et sur la dynamique du média, quels effets sur le marché, sur le pluralisme et la diversité d'un paysage radiophonique que l'on reconnaît pratiquement unique au monde ? Après que le média radio ait perdu 100 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, dans un marché marqué par le refus d'investir des acteurs placés en position dominante, quel sera l'effet d'un nouvel épisode de concentration ?
On peut aussi s'interroger sur la cohérence d'une mesure en vertu de laquelle des groupes qui viennent d'obtenir 1000 fréquences FM nouvelles voient leur population couverte décliner lourdement
".


Philippe Chapot
Fondateur et directeur de la publication de La Lettre Pro de la Radio et des Médias, Philippe... En savoir plus sur cet auteur

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